samedi 30 juin 2012

« Je ne sais même pas qui l’a dessiné, mais celui qui l’a fait a fait un excellent travail. »


J’adore cette citation de Jerry Pate!  C’était avec un peu d’appréhension que j’attendais la visite du Champions Tour à Montréal.  C’est avec surprise que j’ai appris l’an dernier que le tournoi allait se dérouler sur le Parcours Verchères du Club de Golf de la Vallée du Richelieu, un parcours que j’ai eu le plaisir de redessiner et reconstruire au cours des dernières années, alors que je travaillais encore avec Graham Cooke.  Surpris, non pas parce que le parcours n’apparaissait pas à la hauteur, mais surpris parce que je n’avais aucune idée que le Club visait ce genre de tournoi pour le parcours quand nous avons travaillé dessus.

Le parcours n’a pas été dessiné avec les pros en tête.  En fait, ça ne devrait pratiquement jamais être le cas!  Il a plutôt été pensé pour l’ensemble des membres du parcours, pour présenter un défi intéressant et varié peu importe le calibre des joueurs.  J’avais donc un peu peur des réactions des joueurs, et de leurs pointages….

Les réactions ont finalement semblé être très positives.  En fait, je n’ai pas lu ou entendu de commentaires négatifs de tout le week-end!  Évidemment, les joueurs ne sont pas trop bavards dans ces situations, et ils ne font généralement que des bons commentaires, mais j’en ai trouvé quelques-uns qui m’ont bien fait plaisir. 

Voici un compte rendu des commentaires que j’ai pu retracer dans les journaux (J’ai traduit moi-même certains d’entre-eux):

Randy Phillips, de la Gazette commence son article de la manière suivante :
« Russ Cochran sait qu’il y encore beaucoup de chemin à faire avant que quelqu’un ne puisse quitter la ville avec le trophée du Championnat de Montréal sous le bras.  Mais s’il avait eu un prix à remettre vendredi, il serait allé au parcours.  (…) Cochran a exprimé le sentiment de plusieurs golfeurs dans le tournoi qui n’avait que de bons mots à dire à propos du parcours de 6 894 verges et offrant une normale de 72 du club privé qui accueille le tournoi pour la première fois. »

Il continue en citant Russ Cochran :
« C’est vraiment un parcours plaisant à jouer. Tu dois constamment tenter d’atteindre l’allée en premier et frapper le bon type de coup pour atteindre les drapeaux.  (...) C’est un très bon parcours.  Il me rappelle quelque chose comme Hilton Head, ou Harbour Town. »

Ça c’est plaisant à entendre.  Harbour Town est, si je ne m’abuse, l’un des parcours préférés des joueurs sur le circuit américain.  L’un des meilleurs designs d’un certain Pete Dye, dont la réputation n’est plus à faire, même pour nous les québécois!

Russ Cochran enchaine :
« À l’opposé d’autres parcours où tu déposes ta balle sur le tee et tu te dis : «Je vais frapper la balle le plus loin possible et peu importe », c’est un peu différent ici.  Tu te dois de voir que, si le drapeau est positionné à droite sur quelques verts – et ce même si ce ne sont pas les trous les plus long du monde – tu veux avoir ta balle du côté gauche de l’allée, même dans l’herbe longue. »

C’était le but lorsque j’ai travaillé sur le design du parcours.  Chaque trou devait présenter des positions de drapeaux qui requièrent certains types de coups de la part des golfeurs.  C’est plaisant de voir que l’objectif semble avoir été atteint.

Randy Phillips exprime ensuite les propos de Jerry Pate :
« Beau parcours de golf », mentionna Pate qui a gagné les Omniums Américain et Canadien en 1976. « Bien dessiné.  Je ne sais même pas qui l’a dessiné, mais celui qui l’a fait a fait un excellent travail. » Pate, qui a jalonné sa ronde de sept oiselets et trois bogueys, est très critique envers les « architectes célèbres que nous avons dans le monde du golf aujourd’hui », prenant trop de terrain pour construire des parcours nécessitant trop de pelouse et faisant les trous trop longs qui augmentent le temps de jeu. « Nous, comme usagers des parcours, sommes frustrés pour toutes ces raisons » mentionne Pate. « Le sensationnalisme dans l’architecture de golf est allé trop loin ».  Pate mentionne également que le parcours Verchères lui rappelle «  les grands parcours de l’est (des États-Unis) », dans les états de New-York, New Jersey, Pennsylvanie et de l’Ohio.

Pour quiconque connait l’architecture de golf, ce commentaire est très flatteur. L’est américain est jalonné de parcours classiques qui feraient baver bien des québécois….  Il enchaine :

« C’est un très beau parcours amusant à jouer » mentionne Pate.  « Si tu frappes les bons coups, tu es récompensé.  Il n’y a rien de truqué ici.  Tout est clairement en avant de toi »

Le canadien Rod Spittle avait aussi de bons commentaires à formuler après avoir talonné les meneurs lors de sa première ronde :
« Évidemment, quand tu joues 68, tu crois que le parcours est bon » affirma Spittle.  « Mais j’apprécie davantage ce parcours jour après jour.  C’est simplement un parcours plaisant à marcher.  Les verts offrent des conditions splendides et sont difficiles à négocier – particulièrement ceux qui deviennent fermes sur le neuf de retour.  Mais c’est, je crois, un très bon test, un test très juste. »

Michel Marois, de La Presse, a également relaté des propos de Russ Cochran :
« C’est vraiment un bon parcours pour nous avec un dessin très classique, aucun gadget, mais l’obligation de bien frapper ses coups de départ.  (…) Les verts sont fermes et la position des drapeaux nous oblige à bien frapper chacun de nos coups ».

Des sentiments similaires sont relatés par Étienne Bouchard du Journal de Montréal, qui cite également Jerry Pate:
«  Le golfeur de 58 ans, (…) a par ailleurs souligné la qualité du parcours du Club de la Vallée du Richelieu. « Ici, c’est simple. Le design est beau, les verts et les fosses de sable bien situés.  Pour le circuit de la PGA, le parcours est peut-être trop petit, mais pour nous il est parfait ».

J’apprécie bien ce commentaire, même s’il mentionne que le parcours est trop petit pour la PGA.  Pourquoi vouloir allonger un parcours qui ne serait pleinement utilisé qu’une seule semaine par année, dans le meilleur des mondes?  Beaucoup trop de parcours ont et continuent de dépenser des sommes astronomiques pour entretenir des tertres qui ne sont pratiquement jamais utilisés par les golfeurs.  Tout ça, bien souvent, pour pouvoir qualifier leur parcours de « parcours de championnat ».  La longueur d’un parcours n’étant toutefois aucunement garante de la qualité de celui-ci.  Mais bon, ce sujet pourrait faire l’objet d’un blogue en soi!

Pour l’instant, je vais me limiter à remercier les gens de la Vallée du Richelieu de m’avoir fait confiance pendant plusieurs années.  Je suis fier du travail qu’ils ont réalisé pour organiser un tournoi qui semble avoir bien plus aux joueurs et aux spectateurs.  Félicitations également au surintendant André Groulx et toute son équipe pour avoir présenté le parcours sous son meilleur jour.

Daniel Melançon et Remi Bouchard ont mentionné lors de la télédiffusion du tournoi  à TVA, que les joueurs avaient préféré le parcours à celui utilisé lors des deux éditions précédentes.  Il reste maintenant à savoir si le Club continuera d’y organiser le tournoi, ou s’ils préfèreront utiliser leur autre parcours qui a été rénové tout récemment et qui est à la veille d’être inauguré….  À suivre.

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