jeudi 28 septembre 2017

Le Liberty National Golf Club

Site de la Coupe des Présidents 2017

C’est déjà la douzième édition de la Coupe des Présidents qui se met en branle ce week-end dans le New-Jersey. Cette fois, c’est le Liberty National Golf Club qui est hôte de cet évènement qui, au fil des années, a mis en scène des parcours de qualité inégale. Parcours relativement récent, le Liberty National permettra d’obtenir de magnifiques vues du profil de Manhattan puisqu’il est situé sur le bord de la rivière Hudson, à un jet de pierre de la statue de la liberté, et à quelques minutes de bateau du World Trade Center.

Le parcours est le fruit du travail acharné du visionnaire, Paul Fireman, qui a eu l’audace d’acquérir le site du parcours alors que ce dernier était encore un site industriel. C’est dans le monde de la finance que le New-Yorkais a fait ses premiers pas en tant qu’homme d’affaire, mais c’est la vente de sa « petite » compagnie Reebok à Adidas pour  une somme de 3.8 milliards de dollars qui l’a fait connaître au monde entier.  C’était en 2006, et il avait alors récolté la rondelette somme de 600 millions de dollars pour son travail….

C’est au cours de la même année que le Liberty National Golf Club a ouvert ses portes à ses premiers membres. Les langues sales diront que c’est pour se payer son parcours de golf que Fireman procéda à la vente de Reebok, puisque le parcours lui aurait apparemment coûté plus de 250 millions de dollars à construire.  Est-ce que l’investissement en valait la chandelle? Même son créateur admet que non, mais il prétend également que son but premier était de construire l’un des meilleurs parcours de golf au monde à léguer à sa famille et à la communauté.

Pour faire le design du parcours, il a engagé le golfeur Tom Kite, ancien champion de l’Omnium des États-Unis en 1992. Celui-ci s’est lui-même entouré de Bob Cupp, un ancien employé de la firme de Jack Nicklaus qui a laissé sa trace sur plusieurs de meilleurs parcours de son mentor.  Ensemble, ils avaient la difficile mission de transformer un site industriel en friche en un parcours de classe mondiale.  Pour ce faire rien n’a été laissé au hasard. Une lourde et coûteuse décontamination a eu lieu et des centaines de milliers de mètres cubes de terre ont été bougés ou importés sur le site pour créer les ondulations nécessaires au parcours. Même la végétation a été importée à grands frais et plantée sur le site pour créer les ambiances voulues.  Dès 2009, soit moins de trois ans après son ouverture, le parcours fût l’hôte de la Coupe Barclays qui fût également de retour en 2012.

Mais au-delà des vues spectaculaire qu’il offre sur le « skyline » New-Yorkais, qu’en est-il de la qualité du parcours? Plusieurs golfeurs se sont montrés critiques face à lui. Le célèbre magazine « Golf Digest » allant jusqu’à l’inclure dans sa liste des dix parcours les moins appréciés des joueurs du PGA Tour selon leur propre sondage…. Ceci a mené à quelques changements cette année en vue du tournoi. En effet, on a, entres autres, réorganisé l’ordre des trous du parcours afin d’améliorer la circulation des spectateurs et ainsi améliorer le spectacle. Ceci fait en sorte que le parcours se terminera sur une normale 3 (ordinairement le trou no. 4 du parcours), un fait très rare dans le monde du golf professionnel mais peut-être sans conséquence pour un tournoi par trou ou plusieurs matches peuvent se conclure sur les trous 16 ou 17. Ceci fera en sorte que le tournoi se terminera à plus de 400 verges du chalet, à l’arrière du champ de pratique du Club. Rien pour créer un sentiment d’accueil saisissant….

Pour ma part, je dois avouer que le parcours me laisse froid. D’un point de vue environnemental, c’est un succès indéniable et un gain appréciable par rapport à la friche industrielle contaminée qui occupait le site avant la construction du parcours.  Les vues qu’il offre seront superbes à la télévision, et on en profitera surement pour les montrer abondamment en marge du jeu. Toutefois, celles-ci n’auront aucun impact sur le tournoi.  Personnellement, j’ai le sentiment que le site parait artificiel et que le parcours ne semble pas avoir la cohésion, l’attrait esthétique et stratégique qui font la marque des plus grands parcours au monde. Par manque de cohésion, on peut citer en exemple les fosses de sable qui sont parfois simples et rondes ou ovoïdes, ou immenses et complètement composées d’immenses lobes rappelant un style floridien des années 80.  Le même phénomène se retrouve sur les tertres de départ qui sont parfois carrés, parfois ovoïdes, formant ainsi un ensemble confus.  L’utilisation de plusieurs artifices tels murs de pierres, cascades, faux ruisseaux contribue aussi à marquer le fait que tout a été créé artificiellement.

Tout ceci n’aura évidemment aucun impact sur le jeu qui risque encore une fois d’être fort divertissant. Toutefois, le parcours hôte aura pour effet de me faire perdre intérêt envers ce tournoi qui a le potentiel d’être très intéressant lorsqu’il est joué sur un parcours tel le Royal Melbourne en Australie où aura lieu le tournoi en 2019. Comme c’est bien souvent le cas pour la Coupe des Président ou la Coupe Ryder, j’ai plutôt l’impression que le parcours a été choisi pour sa proximité au monde des affaires New-Yorkais et le potentiel de revenus qui vient avec. Mais ça, la PGA et la USGA nous y aura habitué depuis belle lurette, mis à part quelques surprises au cours des dernières années, tel que pour l’omnium des États-Unis de 2013 à Merion, en Pennsylvanie, ou encore l’Omnium Canadien à St-Georges G & CC en 2010. Et vous? Est-ce que le tournoi vous inspire? N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires sur la question!

Tant qu’à être dans la région de New-York…

Tant qu’à jaser de parcours de golf dans la région New-Yorkaise, il serait intéressant de discuter des nouveautés à cet effet. Au cours de la dernière décennie, un phénomène particulier a eu lieu à New-York. En effet, deux autres parcours en plus du Liberty National ont ouvert leurs portes à quelques minutes de Manhattan sur des sites auparavant industriels. Il s’agit du Bayonne Golf Club, un autre parcours privé ouvert en 2006, et du Trump Golf Links at Ferry Point, un parcours municipal géré par Donald Trump et ouvert en 2015. Or, à mon humble avis, ces deux parcours méritent plus l’attention des golfeurs que le Liberty National.

Bayonne Golf Club
Situé lui aussi au bord de la rivière Hudson, ce parcours ne pourrait pas être plus différent du Liberty National. Son propriétaire et architecte, Éric Bergstol, a plutôt tenté de reproduire les links écossais et Irlandais sur un autre site industriel situé à quelques minutes du sentre-ville. Durant près de quatre ans, il a importé des milliers de mètres cubes de matériel sur son site restreint en vue d’y créer de fausses dunes pouvant atteindre une hauteur de plus de 100 pieds. Le résultat semble plutôt surprenant et dépaysant.  Pour avoir foulé les allées de club irlandais tels Ballybunion, Enniscrone et Carne, je peux témoigner que le Bayonne Golf Club semble avoir été sculpté dans un moule à l’échelle similaire.

Trump Links at Ferry Point
Si l’idée de fouler les allées d’un Club géré par l’équipe de Donald Trump ne vous donne pas des crampes d’estomac, une visite au Trump Links at Ferry Point pourrait s’avérer intéressante. Le parcours a été conçu par la troupe de Jack Nicklaus pour le compte de la Ville de New-York. Le parcours est donc considéré comme un parcours municipal ouvert au public, mais il est géré par l’équipe du président américain qui s’est assuré de compléter le parcours pour son ouverture en 2015, tout en promettant d’y construire un chalet au cours des prochaines années.  De style « nouveaux links », le parcours est situé sur le bord de l’East River et il présente un design qui semble être plus cohésif que celui du Liberty National, sans la panoplie d’artifices qui viennent l’orner. 

Bethpage State Park
Offrant pas moins de cinq parcours de bonne qualité, le Bethpage State Park est sans aucun doute le joyau des parcours municipaux et l’un des plus gros complexe de golf géré de manière publique en Amérique. Le plus connu des parcours est le Black Course, hôte de l’Omnium des États-Unis en 2002 et en 2009. Au premier tertre, on y affiche que le parcours est considéré comme étant extrêmement difficile et seulement pour les golfeurs de haut calibre ». Avis aux intéressés!

Garden City Golf Club
Le dernier parcours sur cette courte liste est également le plus âgé, datant de 1899.  Le Garden City Golf Club est l’exemple parfait du minimalisme en architecture de golf et l’un des meilleurs parcours de la planète. L’architecture y fait un usage merveilleux des fines ondulations qui jalonnent le site d’un bout à l’autre. Pour un retour aux origines du golf nord-américain, ce parcours est un incontournable qui vaut la peine d’être étudié. Activez votre réseau de contacts pour y accéder car l’accès y est très restreint….

Il y a tant de parcours de golf de qualité dans la région New-Yorkaise que je pourrais en faire un livre! Seulement à Long Island, des parcours tels Shinnecock Hills, The National Golf Links of America, Friars Head, Maidstone et Sebonack valent le detour, ne serait-ce que pour un voir un seul d’entre eux. Au nord de la ville, on retrouve quantité d’autres classiques, tel Winged Foot, Sleepy Hollow et Westchester, alors qu’à l’est, il y a aussi Baltusrol et Somerset Hills qui valent aussi a peine de recourir à vos réseaux de contacts.

Pour la liste des parcours les moins appréciés des golfeurs du PGA Tour, cliquez-ici.

Pour un article intéressant sur le premier coup de départ du parcours, cliquez-ici.

Pour une autre description rapide du parcours, cliquez-ici.

Yannick Pilon Golf © 2017

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