dimanche 22 mai 2011

Les parcours Irlandais et Écossais sont-ils plus verts que les nôtres...?

Malgré les images de parcours jaunis, voir même brulés que l'on nous a habitué à voir chaque année lors du British Open, je peux vous assurer que les parcours de golf Irlandais et Écossais sont beaucoup plus verts que les nôtre. Peut-être pas aussi verts au point de vue de la couleur de la pelouse, mais certainement au point de vue écologique.

Bon, je l'admets, ces parcours de type "links" sont souvent construits dans des conditions de sols et des conditions climatiques beaucoup plus favorables.... Les sols y sont sablonneux, et la température beaucoup plus tempérée. Mais cela n'explique pas tout. Les attentes des golfeurs y sont aussi très différentes. Je suis toujours surpris d’entendre des histoires de golfeurs s’extasiant devant les parcours qu’ils ont joués durant leurs voyages sur les « links », pour ensuite les entendre critiquer les conditions de l’herbe-longue et la présence de plantes aquatiques dans les étangs de leurs parcours….

Les vrais parcours de type « links » sont parfaitement intégrés à leur environnement. Souvent, ils sont également entretenus avec des équipes restreintes qui feraient dresser les cheveux sur la tête de plusieurs surintendants Québecois. Comment réussissent-ils donc à offrir des conditions de jeu acceptables sur plusieurs des parcours qui sont jugés parmi les meilleurs de la planète?

Une bonne partie de la réponse se trouve dans la quantité de surfaces entretenues. Sur l’ensemble de ces parcours, les ressources sont principalement concentrées sur l’entretien des verts, des tertres de départ et des allées. Le reste y est bien secondaire, et les attentes des golfeurs y sont bien différentes. Les Écossais et les Irlandais ont appris à apprécier la nature qui les entoure et à jouer leurs parties en tenant compte de ces éléments naturels qui influencent bien souvent le résultat de leurs coups.

Les coups de départ sortent de l’allée?

Il n’est pas rare de les retrouver dans la fétuque clairsemée, au milieu de plantes indigènes, ou pire, dans du « gorse », un buisson épineux qui ne pardonne pas et dans lequel il est pratiquement impossible de récupérer sa balle.

Votre balle se retrouve dans une fosse?

Bonne chance! La plupart sont monstrueusement profondes en comparaison à la plupart de fosses Québecoises souvent peu profondes et au sable bien entretenu. Les fosses des links sont non-seulement profondes, mais elles se retrouvent un peu partout sur les parcours, en jeu pour tous les types de golfeurs. Elles sont souvent beaucoup plus petites que nos fosses, mais les formes des allées y dirigent bien souvent les balles, et on y coupe les allées pour que celle-ci se rendent jusqu’aux fosses.

Vos coups d’approche ne sont pas précis?

Il n’est pas rare de se retrouver dans des positions extrêmement précaires à quelques verges, voire même quelques pieds des verts. Des monticules ou des dépressions bien souvent couvertes d’herbes indigènes guettent tous les coups frappés hors-ligne, quand ce ne sont pas les fosses de sable qui les attrapent avant.

Un attrait indéniable

Le golf Écossais et Irlandais est un sport qui se pratique contre les éléments de la nature. On y apprécie toutes ces particularités qui rendent le jeu si intéressant. On s’amuse à y frapper des coups impossibles, à y être dépaysé. On revient ensuite à la maison en racontant fièrement nos exploits, tout autant que nos déboires causés par toutes les incongruités et les éléments que l’on a rencontré sur ces parcours souvent mythiques.

Pourquoi alors sommes-nous si critiques envers les conditions de nos propres parcours, ici au Québec? Pourquoi sommes-nous si dures envers nos surintendants pour qu’ils nous offrent sans cesse des conditions de jeu impeccables, sur les verts, tout autant que dans les zones d’herbe-longue, ou même sous les arbres où l’on veut que tout soit « propre »? J’oserais m’aventurer à avancer que la plupart des golfeurs québécois, tout comme la plupart de golfeurs américains, aiment l’aventure, mais ce qu’ils aiment par-dessus tout, c’est se retrouver à la maison, sur leur parcours, où tout est plus prévisible, tout est un peu plus facile. Les « links » sont plus verts, ou plus écologiques, car on met l’accent sur l’entretien là où c’est important, et on vit avec la nature partout où ça ne l’est pas.

Nous avons plusieurs leçons à tirer des parcours de type « links ». Je tenterai de vous en faire part dans ce blog au fil des prochains jours et des prochains mois.

©Yannick Pilon Golf 2011

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