jeudi 14 juillet 2016

Royal Troon Golf Club

Hôte de l’Omnium Britannique 2016

C’est en 1878 que le Troon Golf Club voit le jour à 35 miles au sud-ouest de Glasgow.  Situé au bord du Firth of Clyde, une large baie dans la mer séparant l’Écosse de l’Irlande du Nord, le parcours est voisin et dans l’ombre d’un autre parcours célèbre où ont eu lieu les six premières éditions de l’Omnium Britannique, le Prestwick Golf Club.  Les six trous originaux du club sont d’ailleurs planifiés par le surintendant de Prestwick, Charlie Hunter. Quelques-uns de ces verts sont, d’ailleurs, toujours en fonction aujourd’hui. Au fil des années, le parcours gagne en popularité, si bien que l’on y ajoute des trous peu à peu. George Strath, le premier professionnel du Club, fut nommé en 1882. C’est sous sa gouverne que le club prit de l’expansion pour passer à douze trous, et finalement dix-huit, en 1884.  Les dix-huit trous formés à cette époque constituent l’essentiel du parcours de ce qui est en jeu aujourd’hui au club. C’est cependant à Willie Fernie, professionnel du club à partir de 1887, que l’on doit le trou no. 8, le fameux « Postage Stamp ».

Depuis ce temps, le parcours a gagné en popularité et en respect. Si bien que dès 1923, le Club devient l’hôte de l’Omnium Britannique pour la première fois.  Depuis, on y a tenu l’omnium un autre sept fois. C’est donc dire que l’Omnium Britannique de 2016 sera jouée à Royal Troon pour la neuvième fois.  Un fait intéressant à noter, est le fait que les six dernières éditions de l’omnium jouées à Troon ont été remportées par des américains!
Parcours peu spectaculaire comparé à quelques autre parcours célèbres écossais, c’est néanmoins un excellent test de golf qui teste admirablement bien les meilleurs golfeurs de la planète.

Caractéristiques du parcours

Parcours de type Links
L’Omnium Britannique est généralement la seule chance que nous ayons dans l’année de voir à l’œuvre des professionnels de golf évoluer sur un parcours de type links. C’est bien dommage, car ce type de parcours donne lieu à du golf inspiré qui laisse place à la créativité des golfeurs qui doivent user de toutes leur connaissance du parcours pour en utiliser toutes ses subtilités. Les conditions plus fermes et rapides des parcours de type links et la présence quasi continuelle d’un vent du large favorisent bien souvent un jeu moins aérien qui utilise le sol pour faire rouler la balle sur de longues distances.  Ainsi, chaque monticule devient un obstacle ou un élément susceptible d’aider le golfeur si ce dernier l’utilise à son avantage. Ceci donne lieu à des coups de départ souvent très longs, et des coups d’approche pour lesquels la cible est bien souvent à court des verts pour permettre à la balle de rouler tranquillement vers sa destination finale.

Un neuf de retour très difficile
Le parcours est du type « Out and back » typique de plusieurs links écossais - c’est-à-dire un parcours dont les neuf premiers trous s’éloignent du chalet, alors que les neuf derniers trous y reviennent.  Ceci fait en sorte que plusieurs trous se succèdent généralement dans une même direction et sous l’action d’un vent dominant, avant de revenir vers le chalet avec des trous dans une direction et un vent inversé. Après les six premiers trous dans une même direction, ce n’est qu’entre les trous 7 à 12 que les trous varient de directions et exposent le joueurs à des vents variables un trou après l’autre.  À partir du 13e trou, c’est le long retour vers le chalet qui se fait généralement avec un vent de face, ce qui contribue à la difficulté du parcours et sa réputation d’avoir l’un des plus difficiles neuf de retour de tous les parcours de l’Omnium Britannique.  À cet effet, les statistiques de l’omnium de 2004 ne mentent pas : sept des neuf trous les plus difficiles du parcours se trouvent sur le neuf de retour.

Coups de départ vers des allées en diagonale
Le parcours nécessite des coups de départ précis de la part des golfeurs puisque plusieurs de ses trous présentent des allées disposées en position diagonale plus ou moins prononcée à partir des tertres de départ.  Dans une telle situation, le golfeur doit frapper son coup de départ avec une trajectoire courbée de manière à ce que sa balle tombe dans l’axe de l’allée pour bénéficier du maximum de roulement possible. L’autre option est d’être  extrêmement précis et droit tout en évitant de frapper trop loin dans les zones d’herbe-longue à partir desquelles les coups d’approche seront beaucoup plus compliqués…. Inutile de dire que les deux options ne sont pas faciles à accomplir, surtout lorsque la largeur des allées est minimisée pour le tournoi, et que le vent souffle sans relâche. Cette situation se retrouve à divers degrés sur les trous nos. 4, 9, 10, 11, 12, 13 et 15.

Trous à souligner

Trou no. 8 : Le Postage Stamp
Le trou no. 8 est certainement l’un des trous à normale 3 les plus connus dans le monde entier.  Cette courte normale 3 de 123 verges au vert minuscule est la cause de bien des maux de tête pour les golfeurs qui ne parviennent pas à atteindre le vert avec leurs coups de départ. Celui-ci étant légèrement surélevé et bombé, il tend à repousser les coups qui ne sont pas précis vers une quantité impressionnante de problèmes causés par de profondes fosses de sable, une haute dune de sable ou des pentes escarpées en bordure du vert. Il n’est pas rare ici, de voir de bons golfeurs frapper des coups de fosses d’un côté à l’autre du vert, dans une autre fosse.  Espérons que les caméras de télévision nous donnerons une bonne couverture de ce trou qui risque d’être intéressant à regarder.

Trou no. 10 : Sandhills
Après s’être rendu au point le plus éloigné du parcours dans la plus pure tradition des parcours de type links, c’est au trou no. 10 que le parcours commence son retour ardu vers le chalet avec, l’un après l’autre, les trois trous les plus difficiles du parcours.  Le coup de départ de ce trou sera frappé à l’aveugle au-dessus de hautes dunes de sable vers l’allée la plus ondulée du parcours. Ceci est une des particularités des parcours de type links qui sont souvent en symbiose avec le terrain sur lequel ils sont situés, même si cela signifie plusieurs coups aveugles. Les coups d’approche sur ce trou risquent d’être frappés à partir d’une position inconfortable vers un vert relativement peu protégé mais totalement naturel.

Trou no. 11 : The Railway
Le trou no. 11 est le trou le plus difficile du parcours. Autrefois joué comme une normale 5, c’est à l’Omnium Britannique de 1997 que l’on décida de le jouer comme normale 4. Ce trou déjà difficile devint alors terrifiant.  Le coup de départ doit être frappé avec un vent généralement de face, vers une allée disposée à la diagonale de gauche à droite par rapport au tertre de départ arrière, nécessitant ainsi une trajectoire parfaite pour trouver l’allée.  Le trou se complique davantage en se rapprochant du vert.  Celui-ci est protégé directement à sa droite par un muret de pierre qui lui-même longe une voie ferrée se trouvant hors-limite à la droite du trou.  Ainsi, tout coup frappé hors ligne sera invariablement hors-limite, ou dans l’impardonnable « gorse » à la gauche du vert (Pour ceux qui ne s’y connaissent pas, le « gorse » est une sorte d’arbuste épineux dans lequel il est pratiquement impossible de récupérer sa balle).

Fait à noter

Le Royal Troon Golf Club a récemment fait la une des journaux dans le monde entier puisque ses membres ont récemment renversé un règlement qui faisait en sorte que les femmes n’avaient pas le droit de devenir membre du club. Il est étonnant de constater qu’il y a encore des clubs aujourd’hui qui exercent cette forme de discrimination envers les femmes, et il est grand temps que ça change.  Seuls quelques clubs font encore partie de cette liste peu enviable, dont le fameux Muirfield Golf Club qui s’est récemment fait retirer le privilège d’être l’hôte de l’Omnium Britannique tant que cette règle serait en vigueur. Cette attitude rétrograde contribue à l’image négative que se fait souvent le publique vis-à-vis du sport.  Cependant, malgré toute cette controverse, il est intéressant de noter qu’un club exclusivement féminin - le Ladies Golf Club Troon - utilise également les parcours que l’on retrouve au Royal Troon Golf Club, et ce depuis 1882. Ceci est une caractéristique étrange pour nous, nord-américains, qui sommes habitués à ce qu’un « Club » et son « parcours » ne fasse qu’un.  En Écosse, il n’est pas rare que plusieurs « clubs » partagent le même « parcours ». C’est le cas, notamment, à St-Andrews, ainsi qu’à Carnoustie, deux autres parcours hôte de l’Omnium Britannique, où les différents clubs ont chacun leur propre chalet à proximité du parcours.

Conclusion
Ceci étant dit, il ne faudrait surtout pas se priver du plaisir que représente le visionnement d’un tournoi majeur sur un tel parcours.  Malgré le fait que le parcours puisse être jugé comme étant plus monotone que certains autres de ses illustres compagnons accueillant à tour de rôle l’Omnium Britannique, il n’en demeure pas moins que le Royal Troon Golf Club constitue un excellent test de golf.  Un grand champion y sera sans aucun doute couronné, une fois que ce dernier aura vaincu les éléments naturels et les particularités présentées par ce type de parcours au charme unique.  Encore une fois, je vous souhaite un bon visionnement!

Pour une description complète du parcours avec vues aériennes, cliquez ici.

Yannick Pilon Golf © 2016

                        

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