mardi 31 janvier 2012

Golf Course Architecture and the Rio 2016 Summer Olympics


It is in the following days that the Rio Olympic’s organizing committee will announce the team that will be in charge of designing the golf course which will be host of the Olympic golf competition for men and women in 2016, 112 years after the last presence of the sport in the games.

This project is probably the one that has generated the most interest from architects in many years, simply because of the prestige and visibility that this course will obtain during the games.  This will no doubt be a dream opportunity for a team to make its mark in the industry, and be talked about for a very long time.  But it will also be a very complex project that will be created under the eyes of the entire industry which will expect nothing less than a grand slam.  In other words, this course will be picked apart by hundreds of so-called architecture “experts”!

Many teams have submitted a bid to hopefully be chosen in a competition that started last fall. Now, eight teams remain in the hunt:
·         Jack Nicklaus et Annika Sorenstam
·         Tom Doak
·         Greg Normal et Lorena Ochoa
·         Martin Hawtree
·         Gill Hanse
·         Gary Player
·         Robert Trent Jones II et Mario Gonzalez
·         Peter Thompson and Ross Perrett

These teams will make a final presentation to a jury comprised of one representative from the city of Rio, one representative from the organizing committee, one representative from the company that will run the course once the games will be done, and finally, one representative from the International Golf Federation – an organization committed to promoting the sport worldwide.

As far as I am concerned, the choice of the architect will be crucial, even if the majority of viewers who will follow the golf events will have no clue who the architect of the course is, and what difference it makes.  The choice is crucial because of the prestige of the event, and the fact that this will be an occasion for this committee to send a message as to what constitutes a great golf course that represents not only the Olympic movement and all of its values, but also the roots of the game of golf (and no, I am not talking about money!).

I sincerely hope that their choice will not go towards one of golf’s emblematic figures still part of the process, such as Jack Nicklaus, Greg Norman or Gary Player.  These athletes and great personalities have certainly contributed to the popularity of the sport, and in that regard, they have all of my admiration and respect.  But their very lucrative association with a immense quantity of course designs has also contributed in making golf the sport that so many people today describe as expensive, elitist, and at the source of profitable home lots, without any regards to the modest and populist origins of the sport.  Can we blame them, and many others similar golf figures? Certainly not; they have only surfed on the wave.  Today, however, it seems evident that their model has to make place to a simpler, more accessible one, aimed towards developing the sport and all its benefits, particularly with an aging population in many markets.  It seems like the only logical way to help the sport develop again.

In that sense, my vote goes to either Tom Doak or Gill Hanse: two architects which, in my humble opinion, have solidly made their case in the past few years towards that goal.  It’s also not a surprise that is it most likely these two teams that have the smallest available financial resources to participate in this complex process which, I am afraid, will be more politic than based on good old common sense and the artistic and creative qualities of the finalists.

To be continued in a few days…. I am crossing my fingers.

©Yannick Pilon Golf 2012

L’architecture de golf et les Olympiques de Rio

C’est au cours des prochains jours que le comité organisateur des jeux olympiques de Rio annoncera supposément le nom de l’équipe d’architectes qui aura la tâche de concevoir le parcours qui sera l’hôte du tournoi olympique pour hommes et femmes en 2016, 112 ans après la dernière présence du sport dans les jeux.

Ce projet est probablement celui qui aura suscité le plus d’intérêt de la part des architectes depuis plusieurs années, étant donné le prestige qui se rattache à l’évènement et toute la visibilité qu’obtiendra ce parcours lors des jeux.  C’est effectivement l’occasion rêvée pour un architecte de se faire un nom, et de faire parler de soi pour un long moment dans le milieu.  C’est également un projet fort complexe qui sera réalisé sous les yeux de toute la planète golf qui s’attendra à un produit final extraordinaire qui sera scruté à la loupe par plusieurs soi-disant « experts »!

Plusieurs équipes ont semble t’il participé au concours qui a eu lieu cet automne afin de déterminer une liste de huit finalistes :
·         Jack Nicklaus et Annika Sorenstam
·         Tom Doak
·         Greg Normal et Lorena Ochoa
·         Martin Hawtree
·         Gill Hanse
·         Gary Player
·         Robert Trent Jones II et Mario Gonzalez
·         Peter Thompson and Ross Perrett

Ceux-ci feront une présentation finale à un jury composé d’un représentant de la ville de Rio, un représentant du comité organisateur des jeux, un représentant de la compagnie qui opérera le parcours après les jeux, et un représentant de la Fédération Internationale de Golf – organisme chargé de promouvoir le sport globalement.

En ce qui me concerne, le choix de l’architecte sera crucial, même si au fond, la très grande majorité des téléspectateurs qui suivront l’évènement n’auront aucune idée de la personne qui aura été derrière la création de ce parcours.  Le choix est cependant crucial puisque, étant donné le prestige de l’évènement, c’est l’occasion pour ce comité de lancer un message sur ce que doit être un bon parcours, synonyme de l’esprit Olympique et des valeurs qui y sont associées (et non je ne parle pas de l’argent!).

J’espère sincèrement que le choix de ce comité ne se portera pas sur des figures emblématiques du sport, telles que Jack Nicklaus, Greg Norman ou encore Gary Player.  Ces personnalités ont certes contribuée, au fil des ans, à mousser la popularité du sport, et elles ont à cet égard tout mon respect.  Mais leur association très lucrative à une quantité innombrable de designs de parcours a également contribué à faire du golf le sport aujourd’hui souvent décrié comme trop dispendieux, élitiste, et à la source de la vente de lots très profitables, sans grands égards aux origines modestes et populaires du sport.  Peut-on les blâmer?  Certainement pas; ils n’ont fait que profiter de la vague.  Aujourd’hui, par contre, il me semble évident que leur modèle d’affaire doit faire place à un modèle plus simple axée sur le développement du sport et ses bienfaits, particulièrement auprès d’une population souvent vieillissante dans plusieurs marchés.  C'est la seule manière de faire progresser le sport à nouveau.

En ce sens, mon choix va à Gil Hanse ou Tom Doak, deux architectes qui ont solidement faits leurs preuves au cours des dernières années, et ceux qui bénéficient probablement des moins gros appuis financiers pour simplement participer à ce processus qui, j’en ai bien peur, sera plus politique que basé sur le gros bon sens et les qualités techniques et artistiques des finalistes.

À suivre dans quelques jours….

©Yannick Pilon Golf 2012

samedi 28 janvier 2012

Les meilleurs parcours municipaux aux États-Unis….

Le panneau parle de lui-même....
C’est pas parce qu’on est petit qu’on ne peut pas être grand!

Hier, j’ai reçu le plus récent « newsletter » du magazine Links, un magazine que j’affectionne depuis plusieurs années grâce à son contenu souvent plus orienté sur les parcours de golf que sur le golf en général comme le peuvent être des magazines comme Golf Digest et Golf Magazine.  À tous les mois, ils publient un Top 10.  Ce mois-ci : le Top 10 des meilleurs parcours de golf municipaux aux États-Unis.  Voici le lien :


Premièrement, j’ai été surpris de constater la place qu’occupe Chambers Bay, au sommet de la liste. Pas parce que ce n’est pas un bon parcours, au contraire, puisque celui-ci me parait intéressant à plusieurs égard au plan architectural.  Mais plutôt parce que ce n’est pas le genre de parcours que l’on associe spontanément au parcours municipaux.  En effet, celui-ci me paraît plus proche du « resort » haut-de-gamme que du parcours typique municipal….  Mais ne lui enlevons rien de son mérite….

Le célèbre trou no. 4 du parcours "Black".
La deuxième place est, à mon avis, fort méritée par le parcours Black du Bethpage State Park, à Long Island, dans l'état de New-York.  Celui-ci est un complexe unique combinant 5 parcours de longueurs et de niveaux de difficultés différents, tous offerts à un prix accessible aux résidents locaux.  Le parcours « Black », est l’un des parcours les plus difficiles au pays, tout en étant l’un des plus spectaculaires.  Serpentant dans un environnement extrêmement vaste et vallonné, le parcours présente une architecture plus grande que nature, où tout paraît immense et grandiose, sauf malheureusement, la largeur des allées et la grosseur des verts!!  Mais bon, évoluer sur le Black est une expérience unique que tout golfeur devrait expérimenter.  Levez-vous de bonne heure, par contre, car il est difficile de réserver un temps de jeu, et les golfeurs dorment bien souvent dans le stationnement du parcours afin d’être les premiers en ligne à donner leurs noms au préposé au départ qui accepte quelques quatuors par jour!!

Les trous nos 16 et 17 du parcours "Black".
Cette liste m’a fait réfléchir aux parcours municipaux en général.  Le Parcours du Cerf, à Longueuil, est le meilleur exemple que je connaisse, et il y en a d’autres comme le Golf Dorval, à Dorval, et le petit parcours Municipal de Montréal, à proximité du stade olympique….  Je me demande combien de parcours de ce type existent encore.  Il ne fait pas de doute dans mon esprit que ceux-ci sont pourtant fort importants pour l’industrie en général, car ils permettent aux jeunes et aux nouveaux joueurs de s’initier au golf à des prix accessibles.  C’est ce dont le sport à le plus besoin présentement, des parcours accessibles qui permettent d’initier les jeunes au sport sans avoir besoin de dépenser une fortune.

On parle toujours des meilleurs parcours, des plus beaux et des plus dispendieux, mais les petits parcours offrant bien souvent des conditions de jeu inégales et des designs vernaculaires sont probablement plus importants pour l’avenir du sport que tous les « resorts » combinés.  C’est au Club de Golf de St-Lambert que j’ai fait mes débuts au golf, à 120.00$ par année pour un droit de jeu illimité.  Ce petit neuf-trous qu’on appelait affectueusement le « Rockpile » est un excellent exemple de ce type de parcours.  Aujourd’hui, je lève mon chapeau à tous ces « petits » clubs qui ont pourtant une « grande » place dans notre sport.  Je les invite également à me contacter s’ils désirent améliorer leurs installations.  Il est toujours possible d’améliorer un parcours et le rendre plus invitant, même sans faire de gros travaux.

©Yannick Pilon Golf 2012

mercredi 16 novembre 2011

La Coupe du Président au Royal Melbourne Golf Club


Premièrement, je dois avouer que je ne suis pas un très grand fan des tournois de golf télévisés.  Je demeure souvent blasé devant la lenteur des descriptions, le nombre élevé de publicités, et surtout, les parcours semblables fréquentés par ces tournois.  Par contre, quelques fois par année, mon intérêt est rehaussé par la tenue d’un tournoi sur un parcours qui mérite toute notre attention.  C’est le cas de la Coupe du Président tenue cette année au Royal Melbourne Golf Club, à Melbourne, en Australie; un parcours que plusieurs n’hésitent pas à qualifier du meilleur parcours de golf de l’hémisphère sud.

Même si je n’ai jamais mis les pieds sur le parcours, une simple revue de la documentation disponible sur celui-ci me fait saliver.  Il constitue sans l’ombre d’un doute l’un des parcours que j’aimerais le plus jouer au cours des prochaines années.  Pourquoi?  Parce que plusieurs leçons semblent pouvoir être tirées de l’aménagement hors-pair de ce parcours.  Voici quelques-unes de ces leçons :

Le parcours semble parfaitement intégré à son environnement
Le parcours semble avoir une esthétique propre associée à son cadre naturel.  La végétation indigène semble y être mise en valeur à partir de toutes les zones du parcours, que ce soit autour des tertres, que les couvre-sols semblent bien souvent envelopper, ou en bordure des verts et des allées, où arbustes et arbres s’entremêlent pour former des cadres variées qui paraissent complètement naturels.

Un design semblant offrir un nombre important d’options stratégiques
Les allées larges et invitantes semblent être pourvues de milliers de petites ondulations influençant le jeu à plusieurs égards.  Les golfeurs semblent donc bénéficier de plusieurs options stratégiques afin de positionner leurs coups de départ en fonction de leurs capacités, et leur désir d’attaquer les verts.  Ces derniers sont souvent protégés par une multitude de fosses de sable menaçantes, mais ils offrent également une quantité importante de zones de dégagement qui permettent aux golfeurs d’utiliser plusieurs types de coups d’approche afin de s’approcher des fanions lorsqu’ils manquent leurs coups d’approche à partir des allées.

Les fosses de sable semblent constituer de vrais obstacles
Intimidantes, mais à la fois sublimes dans leur beauté et leur configuration très particulière, les fosses de sable du parcours semblent avoir été créées par un artiste au sommet de son art, et en parfaite harmonie avec la nature.  Les fosses sont souvent taillées avec une précision inouïe en bordure des allées et des verts, tout en offrant des bordures naturelles et végétalisées du côté des zones naturelles d’où elles semblent émerger.  Le tout créé une esthétique unique répandue sur quelques autres parcours de la région.

Un entretien ciblé là où les ressources sont nécessaires
Les allées sont larges et invitantes, comme je l’ai déjà mentionné.  Lorsque notre balle se situe dans l’allée, les conditions y sont bien souvent parfaites.  Par contre, quand on manque la cible, l’herbe longue y semble bien souvent longue et de conditions variées.  Les pourtours des tertres semblent aussi laissés à une végétation indigène qui parait bien souvent constituée de couvres-sols indigènes plutôt que de gazon manucuré.  Pourquoi y consacrer des ressources si personne ne joue dans ces zones.

Plusieurs parcours pourraient s’inspirer de ces quelques éléments afin d’améliorer leur apparence et leur caractère stratégique, tout en minimisant l’entretien de plusieurs zones non-prioritaires et en rehaussant leur bilan environnemental.  Pourquoi s’en priver, si l’on peut également améliorer l’expérience de jeu des golfeurs et faire en sorte qu’ils auront un plus grand désir de revenir jouer?  Décidément, j’ai bien hâte d’avoir l’occasion de fouler les allées de ce grand Club pour pouvoir constater le tout par moi-même et m’en inspirer encore davantage dans mes futurs projets.

Quelques liens intéressants :

Pour consulter le site officiel du Club :

Pour consulter la carte officielle du parcours pour le tournoi :

Pour une description du Parcours Ouest et ses trous les plus mémorables :

Pour une discussion et plusieurs photographies du Parcours Ouest :

Pour visualiser le Club et ses deux parcours à l’aide d’une photo aérienne :

©Yannick Pilon Golf 2011

lundi 26 septembre 2011

Yannick Pilon Golf dans La Presse Affaire

C'est aujourd'hui que paraît un bel article d'Isabelle Massé sur Yannick Pilon Golf dans La Presse Affaire.  La Presse Affaire est un magazine paraissant quatre fois par année encarté dans le journal La Presse.

L'article résume bien le travail que je fais et la vision que j'ai envers l'architecture de golf en général.  Je vous invite à le lire, ici même, en cliquant sur les photos, ou a vous procurer un exemplaire de La Presse!  Merci à Isabelle Massé et l'équipe de La Presse Affaire pour cette belle visibilité.






©Yannick Pilon Golf 2011

vendredi 16 septembre 2011

Revue de Parcours: Ballybunion Golf Club - Cashen Course

Ballybunion, Comté de Kerry, Irlande
Architecte : Robert Trent Jones (1982).

Trou no. 7 à partir de l'arrière du vert.
Ce n’est qu’en 1982 que le Cashen Course du Ballybunion Golf Club voit le jour sur les terres ondulées au sud du Old Course. C’est avec une grande fierté que l’on a confié au célèbre architecte Robert Trent Jones la tâche de concevoir le parcours. Ce dernier était alors au sommet de sa renommée, et il était très populaire pour ses difficiles parcours aux États-Unis. Lorsque ce dernier vit le site pour la première fois, il fut impressionné par tant de beauté et déclara que c’était là le meilleur site de type links qu’il fut donné de voir dans sa vie, et probablement le meilleur site de type links au monde! Rien de moins! Une fois le parcours complété, il déclara également être confiant que quiconque viendra visiter le parcours sera autant excité que lui par la « majesté unique de ce parcours vraiment inoubliable ».

Le parcours

Inoubliable, le parcours l’est sans aucun doute. Par contre, il est utile de se demander s’il est inoubliable pour les bonnes raisons. En effet, peu de parcours suscitent autant de réactions mitigées que le Cashen Course du Ballybunion Golf Club. Spectaculaire, soit, mais trop difficile, voire même injouable aux yeux de certains, les réactions sont souvent très polarisées. C’est après avoir lu une série de commentaires variés sur le parcours que j’ai su que j’aurais l’occasion d’y jouer. Ce n’était pas le parcours qui m’attirait le plus parmi tous ceux prévus à mon voyage, mais je dois avouer que j’étais tout de même intrigué….
 
Et bien finalement, je me dois également d’avouer que je n’ai finalement pas eu la chance de jouer le parcours, puisqu’à la place, j’ai pu jouer le Old Course à deux occasions. Ce fut donc un mal pour un bien! Par contre, j’ai pu faire une tournée attentive du Cashen Course, et ce sont les impressions qui m’ont marquées dont je vous ferai part aujourd’hui.

Le parcours commence par une série de trous vastes occupant les parties les plus plates du site. Il semble y avoir amplement de place pour négocier le parcours sans trop de difficultés, mis à part les verts qui apparaissent rapidement comme étant minuscules, sans même avoir à les jouer…. Les premiers trous descendent donc tranquillement vers le sud du site pour atteindre une pointe où se trouvent trois trous parallèles croisant tous trois une vallée qui offre des coups de départ surélevés vers des allées en contrebas. De là, tous les coups d’approche sont en montées vers des vers petits, et parfois même capricieux. On atteint ensuite le bord de la mer pour la première fois au trou no. 7, et on n’y retournera plus jusqu’au vert du trou no. 10. Le premier neuf se termine avec deux longs trous encore une fois très vastes et dépourvus de caractère véritable malgré de larges ondulations.

Le neuf de retour offre un caractère très différent. Soudainement, on se retrouve parmi des dunes d’une amplitude surprenante. Les trous sont de plus en plus encadrés par des murs de fétuque oppressants et des ondulations qui donnent le vertige! On bénéficie de plus de contacts avec l’océan aux trous no. 10, 11, 16 et 17, mais ces contacts sont de courte durée. La majorité des trous se trouvant au cœur d’un complexe de dunes offrant parfois des trous qui sont soit dangereusement proches les uns des autres, soit très difficiles compte tenu des coups demandés et des verts qui demeurent minuscules pour toute la durée du parcours…. De retour au chalet, je me suis demandé comment j’aurais négocié un tel parcours, et si j’y aurais survécu!

Points forts

Ce n’est pas surprenant que le Club mette de l’avant le parcours Cashen dans la plupart des publicités du parcours, puisque ce dernier offre sans aucun doute les vues les plus spectaculaires des deux parcours. Les verts des trous no. 16 et 17 sont littéralement suspendus au bord de l’océan et donnent l’impression de bientôt vouloir s’y écrouler. Les dunes du parcours sont si immenses qu’on s’y croirait par moment sur une autre planète.

Évidemment, vous l’aurez probablement déjà deviné, mais le parcours est également tout un défi de golf. Certains considèreront ceci comme une des forces du parcours, tandis que d’autres le considèreront surement comme trop difficile. Impossible pour moi de me prononcer clairement puisque je ne l’ai finalement pas joué, mais j’aurais tendance à croire que les très bons golfeurs apprécieront le défi, tandis que les autres en ressortirons marqués et abattus par le choc brutal qu’ils viennent de vivre.

Il est également à noter que c’est le seul parcours de mon voyage où nous avons été encouragés à prendre une voiturette pour jouer. Ceci pourra plaire aux golfeurs habitués à jouer avec des voiturettes, ou à ceux qui n’ont plus la capacité physique de marcher dix-huit trous sans trop se fatiguer. Ce n’est que lorsque nous avons finalement vu le parcours que nous avons compris pourquoi on nous encourageait ainsi : c’est un parcours extrêmement ondulé.

Points faibles

Malgré l’aspect souvent grandiose du parcours et ses vues parfois impressionnantes de l’océan et des environs, plusieurs points faibles ont vite attiré mon attention. En effet, les verts sont pratiquement tous trop petits, offrant des cibles parfois impossibles à atteindre si le vent se lève, à moins de faire un coup tout simplement parfait. L’échelle immense du parcours est également en parfaite contradiction avec les fosses de sable qui apparaissent microscopiques et incongrues dans un tel environnement. Les tertres de départ sont, par ailleurs, souvent juchés au sommet de promontoires peu esthétiques, ou peu aménagés de manière appropriée.

L’agencement des trous du parcours est également curieux. Il donne l’impression que l’architecte du parcours est tombé amoureux de certains endroits du parcours, et qu’il a tout fait pour que certains trous s’y rendent, sans toutefois s’assurer que cela était dans le meilleur intérêt du reste des trous. En effet, certains trous sont dangereusement près les uns des autres, tandis que d’autres trous sont séparés par de longues marches qui laissent les golfeurs confus.

Un bon exemple de sentier horrible au trou no. 12.
La possibilité de prendre des voiturettes amène aussi son lot de problèmes. En effet, des sentiers sont souvent nécessaires pour faire évoluer les joueurs sur le parcours, mais la sévérité du site rend souvent ceux-ci horribles d’un point de vue esthétique, ou carrément nuisible par rapport au jeu. On sort donc du parcours avec une impression que le parcours a été un peu forcé sur son site, et qu’on l’a aménagé rapidement, avec des moyens restreints et peu de considérations esthétiques et pratiques.

Trous à souligner

Trou no. 5
Le trou no. 5 est une courte normale 4 d’à peine 314 verges du tertre de départ arrière, mais elle présente un vert unique qui compliquera la tâche des golfeurs. En effet, le vert est un simple petit plateau de huit verges de profondeur par trente deux verges de largeur, littéralement suspendu au bord d’un escarpement, et bordé à l’arrière par un autre escarpement tout aussi imposant. Je peux facilement imaginer des golfeurs trop téméraires faire tomber leurs coups roulés en bas de l’escarpement. Comment approcher ce type de vert? De front, en utilisant l’escarpement à l’arrière du vert pour arrêter les coups trop longs, ou par la côté, avec un coup de départ plus long mais permettant de négocier l’approche du vert en utilisant toute sa largeur. Seule l’expérience le dira!

Trou no. 15
Le trou no. 15 est une normale cinq qui s’engouffre au cœur d’une large dépression située au centre de dunes incroyablement grandes qui créent pratiquement un sentiment d’oppression chez les golfeurs. Le coup de départ s’effectue en montée graduelle vers une allée partiellement aveugle qui finit par littéralement descendre telle une cascade vers le fond de cette immense dépression. Une fois au fond du gouffre, le troisième coup doit remonter la pente vers un vert minuscule protégé sur trois côtés par des pentes abruptes drapées de gazon court. Tout coup imprécis sera durement pénalisé puisque les dépressions qui ceinturent le vert servent également de sentiers pour voiturettes pour atteindre l’arrière du vert.

Trou no. 16
Le trou no. 16 est l’un des trous « signature » du parcours. Bien que je n’aime pas cette expression, c’est bien le cas ici, puisque le vert de ce trou est bien illustré dans pratiquement toutes les publicités du parcours. Le tout est spectaculaire, il n’y a aucun doute, mais ce que les photographies ne montrent pas, c’est que toutes les voiturettes circulant sur ce trou doivent pratiquement circuler sur le côté droit du vert pour atteindre le sentier qui mène au trou suivant, et que l’allée est essentiellement un large sentier gazonné. Ceci laisse des abords de vert extrêmement compactés et souvent dépourvu de gazon….

Ce que je retiens du parcours

Même si un site peut paraître à première vue spectaculaire, cela ne veut pas nécessairement dire qu’il produira un grand parcours. Dans le cas du Cashen Course, j’ai l’impression que l’on a voulu en faire trop sur un site qui ne permettait pas de répondre aux ambitions de l’architecte et/ou du Club. Trop de parties du parcours semblent disjointes, trop de marches semblent longues et trop de trous semblent forcés sur leur emplacement pour que le tout puisse s’absorber de manière cohérente et puissante tout au long du parcours. Des rumeurs font état que le Club cherche à redessiner le parcours, ou du moins, à le rénover pour le rendre plus attrayant pour les membres et les visiteurs. Chose certaine, j’aimerais bien mettre la main sur une carte topographique du parcours pour voir s’il n’y a pas d’autres possibilités inexploitées sur ce site pour rendre le parcours plus agréable à jouer, quitte à y perdre quelques verges au passage, ou à en réduire la normale s’il le faut.

Le verdict

Le Cashen Course du Ballybunion Golf Club est souvent perçu comme le petit frère du Old Course. À bien des égards, il est également reconnu comme un parcours inférieur à son illustre voisin. C’est définitivement un parcours à expérimenter si l’on dispose de quelques jours dans la région, et que l’on n’est pas trop disposé à faire beaucoup de route pour aller jouer d’autres parcours peut-être plus intéressants. Quelques trous uniques et les paysages spectaculaires resteront certainement gravés dans votre mémoire, pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Mais dans le cadre d’une visite rapide de l’Irlande, je recommanderais définitivement d’arrêter à Ballybunion pour y jouer le Old Course, mais de continuer mon chemin par la suite vers Lahinch, plus au Nord, ou Waterville, plus au sud.

©Yannick Pilon Golf 2011

jeudi 8 septembre 2011

Club de Golf Les Boisés de Joly dans le Journal de Québec

Voici un article paru récemment dans le Journal de Québec concernant le Club de Golf Les Boisés de Joly. Le journaliste Martial Lapointe semble inspiré par le design du parcours, même s'il est bien conscient que plusieurs efforts restent à faire pour amener celui-ci à un niveau de maturité intéressant.

C'est toutefois inspirant de lire un article portant sur un parcours de golf dans lequel on parle de stratégie, et que l'on mentionne "qu'il y a des trous originaux, inspirés, qui rendent la partie intéressante". Généralement, des articles semblables mettent plutôt l'accent sur le nombre d'étangs en jeu, sur la longueur du parcours et le nombre de tertres de départ qu'on y retrouve....

Merci à Martial Lapointe pour son article et ses commentaires appropriés, mais surtout, bravo à tous les intervenants qui ont fait de ce parcours un parcours surprenant et, effectivement, plein de promesses!

©Yannick Pilon Golf 2011

mardi 19 juillet 2011

Yannick Pilon Golf sur le bord du Pont Jaques Cartier!!

Jamais je n'aurais imaginé voir une de mes oeuvres sur un "billboard" un jour. Encore moins sur le bord du Pont Jacques Cartier, juste derrière le fameux panneau où Marie-Chantale Toupin nous demandais en début de carrière de la regarder "droit dans les yeux".... C'est pourtant ce que j'ai trouvé aujourd'hui en me rendant au Parcours du Cerf pour une visite de chantier! En espérant que cette publicité aura le même impact sur ma carrière!!

Le trou en question est le trou no. 3 du Parcours Verchères du Club de Golf de la Vallée du Richelieu.

Je dois avouer que ce moment surréel arrive en deuxième position dans mes moments surréels de l'année 2011, tout juste derrière le fait de m'être fait demander un autographe par un golfeur pour la première fois, lors de l'ouverture officielle du Club de Golf Les Boisés de Joly!

©Yannick Pilon Golf 2011

vendredi 8 juillet 2011

Plan d'Ensemble: Ballybunion Golf Club - Old Course

Ballybunion, Comté de Kerry, Irlande
Architecte : Tom Simpson (1936).


Ce qui est intéressant avec l’agencement des trous de ce parcours, c’est la manière avec laquelle on joue tout d’abord les trous les moins intéressants du parcours, avant d’arriver au bord de l’océan Atlantique. Remarquez bien ici, la présence de la route qui longe le parcours, ainsi que toutes les résidences qui sont bien en évidence sur les 6 premiers trous.

Ce n’est qu’une fois arrivés sur le bord de l’océan que le parcours prend tout son envol. Ensuite, le parcours « flirte » avec le bord de mer, avant de disparaître dans les terres l’espace de quelques trous, pour mieux y revenir ensuite. Ce va et vient se répète 4 fois, pour le plus grand plaisir des golfeurs.

Une autre particularité qui en feraient jaser plusieurs si cette situation se trouvait au Québec, est le fait qu’à trois occasions, l’on doit frapper au-dessus du vert précédent pour atteindre l’allée du trou en cours. Cette situation se retrouve aux trous nos. 4 et 5, et dans une moindre mesure, au trou no. 18. Bien qu’il ne fasse aucun doute que ces situations sont potentiellement dangereuses, personne ne semble faire de cas avec celles-ci. Les golfeurs sont, semble-t’il, assez prudents pour qu’il n’y ait pas d’accidents…. Ce n’est qu’une autre particularité des parcours Écossais et Irlandais : on utilise le terrain à son plein potentiel, même si l’on doit briser certaines règles en cours de route.

©Yannick Pilon Golf 2011

mercredi 6 juillet 2011

Revue de Parcours: Ballybunion Golf Club – Old Course

Ballybunion, Comté de Kerry, Irlande
Architecte : Tom Simpson (1936).

Nommé en l’honneur de la famille Bunion, qui était alors propriétaire du château local datant du 15e siècle, le Ballybunion Golf Club est judicieusement positionné à travers une série de dunes immenses qui sont disposées de manière aléatoire en bordure de l’océan Atlantique.

Fondé en 1893, le parcours est alors critiqué par l’Irish Times comme étant « un endroit rempli de lapins en bas du village où la patience des golfeurs est continuellement mise à l’épreuve et où une réserve inépuisable de balles est nécessaire ». Le club ferma quelques années plus tard suite à une série de problèmes financiers avant d’être ravivé en 1906 par Lionel Hewson, l’éditeur du magazine Irish Golf, qui accepta d’y aménager un parcours de neuf trous.

Vingt ans plus tard, le parcours fut allongé à dix-huit trous, mais ce n’est qu’en 1936 que l’on demanda à Tom Simpson de renforcir le parcours pour créer celui que l’on connait aujourd’hui. À la fin des années soixante, les terres situées au sud du Old Course furent acquises par le Club dans l’espoir d’y développer un nouveau parcours. Ce n’est qu’en 1982 que celui-ci verra le jour, grâce au design du célèbre architecte Robert Trent Jones, à l’époque très populaire pour ses difficiles parcours aux États-Unis.

À l’époque, le trou no. 5 actuel était le dix-huitième trou, mais le nouveau parcours nécessita l’ajout d’un nouveau chalet pouvant servir les deux parcours. Ainsi, on renumérotera les trous pour leur donner leur configuration actuelle. Ce changement fut, à mon humble avis, très productif. En effet, le parcours se termine maintenant avec les trous les plus spectaculaires du parcours, tandis qu’il se concluait avant sur les deux trous les moins inspirants!

Le parcours


Ce parcours était celui que j’attendais avec le plus d’impatience lors de mon voyage. C’est en effet un parcours mythique qui symbolise avec force le golf Irlandais. Puisqu’il a été classé 18e meilleur parcours au monde par le magazine Golf Digest en 2010, on est en droit de s’attendre à une expérience mémorable. Inutile de dire que dans de telles circonstances, il est plus facile de décevoir que d’excéder les attentes! Pourtant, je peux maintenant vous affirmer que le parcours réussit à séduire à presque tous les points de vue.

Le parcours débute tranquillement avec quelques-uns des trous situés sur les portions les moins ondulées du parcours. Ces trous sont bordés d’une route et de résidences qui nuisent quelque peu à l’expérience. Cependant, au trou no. 6, on quitte cette route pour ne plus y revenir. C’est à partir de ce point que le parcours prend définitivement son envol avec une succession de trous mémorables et bien souvent difficiles. L’agencement des trous nous amène au bord de l’océan, avant de revenir vers l’intérieur des terres l’espace de quelques trous. Ainsi, le trou no. 7 longe l’océan, alors que les trous 8 et 9 s’en éloignent. On y revient au vert du trou no. 10, et le trou no. 11 longe à son tour l’océan… Ce va et vient en bordure de l’océan se poursuit ainsi jusqu’à la fin du parcours, mais parmi des dunes qui deviennent de plus en plus grandes à mesure que le parcours progresse.

Ceci contribue à donner un rythme particulier au parcours. Alors que les trous se succèdent avec une variété étonnante, ceux-ci paraissent de plus en plus impressionnants à travers les dunes. On assiste alors à un crescendo qui culmine avec le dix-huitième trou qui remonte dramatiquement au chalet après avoir débuté sa course au bord de l’océan. Les vues, à partir de la terrasse, y sont d’ailleurs fort spectaculaires….

Points forts

Plusieurs points forts définissent le Old Course à Ballybunion. Premièrement, le décor parmi les dunes majestueuses et en bordure de l’océan ne peut qu’impressionner. Malgré quelques trous plus faibles (dans les circonstances) en début de parcours, celui-ci gagne en force au fil des trous qui se succèdent en crescendo qui culmine avec les trous 16, 17 et 18 qui serpentent au centre des plus grandes dunes du site, tout en offrant des vues spectaculaires.

Cependant, à mon humble avis, malgré les paysages spectaculaires et ce crescendo peu commun dans le monde du golf, deux éléments font vraiment la force de ce parcours. Premièrement, le design des verts est tout simplement sans failles. Ceux-ci sont variés et difficiles à approcher et négocier. Plusieurs sections de ces derniers repoussent les coups qui ne sont pas parfaits pour les faire bifurquer vers toutes sortes de dépressions et de zones basses à partir desquelles les petits coups d’approche offrent plusieurs possibilités.

Deuxièmement, c’est l’intégration parfaite du parcours sur son site naturel qui fait toute sa force. L’architecture du parcours est toute en subtilités et en respect de l’environnement. Les fosses sont présentes en quantité sur les trous où la topographie est plus douce, et elles sont quasi absentes sur les trous où la topographie prend le dessus. En effet, pourquoi multiplier les fosses quand le terrain offre autant de challenge en lui-même?

Points faibles

Comment trouver des points faibles sur un parcours si spectaculaire et inspirant? Ce n’est pas une chose facile. Certains diront que c’est un parcours trop difficile pour le commun des mortels. Ils n’auront peut-être pas tort, mais l’expérience en vaut la chandelle. Certains diront également que le parcours n’est pas facile à marcher, compte tenu de ses innombrables changements de niveaux. Ils auront également raison, particulièrement pour les gens plus âgés ou peu en forme. L’utilisation d’un cadet peut donc s’avérer ici être une bonne idée, surtout pour les premières visite où l’on découvre le parcours.

Je suggère également de jouer le parcours en matinée, ou de ne jouer que 18 trous durant cette journée pour mieux en profiter. Ma première partie sur le parcours fut jouée après une première ronde en matinée, et près de quatre heures de route. Inutile de dire que j’étais passablement fatigué en milieu de parcours et que j’ai eu besoin de mon deuxième souffle pour compléter!

Trous à souligner

Trou no. 2
Après un premier trou plutôt ordinaire, à part pour le fait qu’un cimetière est en jeu sur le coup de départ (!!), le parcours démontre rapidement de quel bois il se chauffe avec une difficile normale 4 qui grimpe au sommet d’une dune qui doit atteindre près de 40 pieds de haut! Un coup de départ long et précis est ici nécessaire pour espérer atteindre le vert sur son deuxième coup. La moindre erreur fera en sorte que notre position de frappe sera inégale, et ou que le vert ne sera pas visible à cause des grandes dunes qui en obstrueront la vue. Une normale est un accomplissement en soi sur ce trou!

Trou no. 6
D’une simplicité déroutante, ce trou se démarque des autres grâce à son vert diabolique. En effet, aucune fosse de sable, aucune particularité topographique imposante ne vient le marquer. Celui-ci est tout simplement composé d’une allée coudée vers la gauche qu’il est bien tentant de couper avec son coup de départ, et d’un vert placé en légère diagonale de gauche à droite. Quel est donc l’attrait? Le vert ne peut être atteint qu’avec un coup précis et provenant d’un angle d’attaque précis, situé du côté droit de l’allée. Ceci est d’ailleurs contre-intuitif compte tenu de la disposition de l’allée qui invite à raccourcir le trou en frappant vers la gauche de l’allée. Tous les coups d’approche provenant du côté gauche de l’allée devront négocier avec les pentes du vert qui ont tendance à repousser les coups trop courts, trop longs, ou peu précis, laissant ainsi les golfeurs avec des petits coups d’approche très difficiles à accomplir.

Trou no. 8
Le trou no. 8 est tout simplement l’une des meilleures normales trois que j’ai vues dans ma vie. Le décor n’y est pas spectaculaire – on est entouré de deux verts temporaires qui sont parfois utilisés pour les trous no. 7 et 8 lors de certaines parties de la saison – et la topographie ne l’est pas plus; les plus grosses dunes se trouvant plus loin sur le parcours. C’est le nivellement du vert qui fait toute la différence. Celui-ci est mince et profond, et il est entouré de fosses de sable et de monticules rasés qui font soit rebondir la balle vers le centre du vert, soit rebondir les balles dans des positions compromettantes demandant des petits coups d’approche extrêmement imaginatifs et variés. Quoi demander de mieux? Il faut le voir pour le croire!

Trou no. 11
Le trou no. 11 est célèbre à travers le monde pour son allée extrêmement ondulée en bordure de l’océan et son vert partiellement dissimulé derrière un entonnoir formé par deux immenses dunes qui stopperont tous les coups d’approche frappés hors ligne ou à court du vert. Ne soyez pas étonnés de vous sentir comme une chèvre de montagne si vous n’atteignez pas le vert avec votre coup d’approche! Aussi bien tenter de frapper au-delà du vert pour être certain de ne pas être à court. Ceci n’est cependant pas une mince tâche compte tenu des vents qui soufflent continuellement sur le parcours, et le fait que le trou mesure 473 verges des tertres de départ arrière….

Trou no. 12
Imaginez : une normale trois de 214 verges en pente ascendante très forte, avec un vert minuscule situé au sommet d’une dune imposante…. Ça semble trop difficile pour vous? Je ne vous ai pourtant pas encore mentionné le vent qui souffle à partir de l’océan, et le fait que le devant et le côté droit du vert sont si pentus qu’il est difficile d’y grimper avec nos sacs de golf…. Je me répète, mais encore une fois, il faut le voir pour le croire! Je ne jouerais pas ce trou à répétition, mais je dois admettre qu’il est unique en son genre. Une normale réussie ici grâce à un coup de départ miraculeux constitue l’un des points forts de mon voyage!

Trou no. 15
Le trou no. 15 est une autre normale trois mémorable qui est, à plusieurs égards, l’inverse du trou no. 12. Celle-ci est aussi longue, à 216 verges, mais cette fois, elle débute au sommet d’une dune, avant de terminer au bas d’une dépression en forme d’amphithéâtre avec un vert immense séparé en deux paliers distincts par une forte pente. Le tout semble très intimidant et le coup de départ doit, encore une fois, être parfait. Le décor impressionne également. On y voit l’océan, en arrière plan, ainsi que le trou no. 16 qu’il est d’ailleurs fort utile d’observer avant de quitter le tertre de départ….

Trou no. 16
La dernière normale cinq du parcours semble une proie facile, avec une distance d’à peine 509 verges. Ce n’est que lorsque l’on constate la présence du vert au sommet d’une autre forte montée que l’on comprend que la partie ne sera pas aussi facile que prévue. Le trou présente une forme fortement coudée vers la gauche. Il est donc très tentant de vouloir couper le coin du trou pour se rapprocher du vert. Une grosse dune ainsi que deux profondes fosses de sable protègent cependant le coin intérieur du trou. Il faut donc être long et précis pour espérer apercevoir le vert au sommet de la pente. L’immensité des dunes qui bordent les deux côtés de l’allée donnent un sentiment d’oppression rarement rencontré dans le monde du golf en plus de capter les balles frappées hors ligne avec leurs pentes garnies de fétuque.

Ce que je retiens du parcours

Que peut-on retenir de ce parcours pour l’aménagement de nouveaux parcours? Plusieurs choses. Premièrement, l’agencement des trous d’un parcours contribue grandement à sa qualité. Les trous du Old Course ont été placés dans des endroits propices qui ont contribué à les rendre mémorables, en utilisant toutes les particularités naturelles du site. Ensuite, le design fantastique des verts a permis de rehausser la qualité des trous situés sur les parties les moins intéressantes du site, jusqu’à en faire des trous intéressants, comme par exemple, le trou no. 6. Enfin, l’architecte a su doser ses interventions en plaçant ses obstacles uniquement aux endroits où ceux-ci étaient nécessaires pour rehausser la qualité du parcours. Ainsi, plusieurs trous offrent peu de fosses de sable, compte tenu que la topographie y joue un rôle très important.

Le verdict

Évidemment, il est impossible de ne pas rester marqués par le paysage imposant que présente le Old Course du Ballybunion Golf Club. Mais au-delà de ce paysage marquant, il y a des trous de golf qui tirent le maximum de ce que le site peut offrir. J’ai particulièrement apprécié le travail de l’architecte, Tom Simpson, qui a su localiser les trous avec une main de maître appréciable sur ce site qui peut paraître, par endroits, impossible tellement il est ondulé. Le fait d’avoir modifié l’ordre des trous au début des années 1980 pour relocaliser le chalet à son emplacement actuel fait en sorte que le parcours se termine maintenant avec les trous situés dans les dunes les plus spectaculaires. Ceci fait en sorte que l’on a l’impression d’avoir vaincu une bête lorsque l’on revient finalement, épuisés, au chalet pour se prendre une Guiness bien fraîche. Oui, le parcours est difficile (du moins pour un golfeur de mon calibre!), mais il offre des coups uniques et spectaculaires qui sont amusants à tenter, tout en étant mémorables. Mérite-il sa place au sommet des palmarès des meilleurs parcours de golf au monde? Sans aucun doute. Tout bon voyage de golf qui se respecte en Irlande devra inévitablement comprendre un arrêt à Ballybunion.

©Yannick Pilon Golf 2011