mercredi 6 avril 2016

Augusta National Golf Club

Hôte du premier tournoi majeur de l’année.
(Cliquer ici pour lire une version abrégée de cet article sur le site de Golf Martial Lapointe)
Bobby Jones: À l'origine du chef-d’œuvre
La journée où Bobby Jones a décidé de se faire construire un terrain de golf, tout le monde était derrière lui. Après sa miraculeuse carrière, il pouvait bien construire le terrain de golf au style qu'il désirait; après tout, il était le meilleur golfeur au monde. Le monde entier se serait déplacé pour venir y jouer, peu importe la qualité. Par contre, Bobby Jones eut la bonne idée de faire appel à un architecte pour l'aider dans ses plans.
En huit ans de carrière, Bobby Jones gagna plus de soixante pourcent des championnats nationaux auxquels il participa, c'est à dire treize. En 1930, à l'âge de vingt-huit ans, il se retira de la compétition après avoir gagné, la même année, les championnats professionnels et amateur des États-Unis et de l'Angleterre. C'était là un fait tellement au-delà de l'imagination qu'on ne lui donna un nom que quelques mois plus tard: le "Grand Slam" du golf, qui prend son origine dans le bridge, jeu populaire à l'époque.
La retraite de Bobby Jones laissa ses fans en suspens. En effet, son talent était maintenant reconnu mondialement et plusieurs espéraient le revoir jouer. Malgré cela, Jones refusa de participer aux plus grands tournois, préférant ainsi s'attaquer à son rêve. Ce rêve, ce fut le Augusta National Golf Club, le terrain de golf le plus fameux des États-Unis, possiblement le meilleur, et pour une certaine période à chaque année, le plus bel endroit de golf dans le monde entier.

L'architecte qu'il avait choisi pour l'aider à accomplir son rêve était nul autre que l'écossais Alister Mackenzie qui venait de concevoir un des chefs-d’œuvre de l'époque, le Cypress Point Club à Pebble Beach, en Californie. Mackenzie était un médecin de l'armée anglaise qui laissa peu à peu sa pratique pour travailler à temps plein en architecture de golf. En 1914, il remporta le concours du magazine Country life pour le meilleur design d'une normale 4 devant être construite au Lido Golf Club à Long Island, New York. Cette compétition lui amena beaucoup de publicité des deux côtés de l'Atlantique et contribua à le faire connaître dans le monde entier.
Lors de ses missions durant la guerre des Boers, Mackenzie observa que l'architecture de golf, comme le camouflage, dépendait de la manière que l'on utilisait les éléments naturels à leur avantage et de la manière qu'on les recréait, c'est à dire le plus fidèlement possible. Il utilisa par la suite ses propres principes d'architecture pour la planification du parcours de Cypress Point. C'est ce parcours qui attira l'attention de Bobby Jones qui cherchait alors un architecte pour l'aider à la conception de son parcours de rêve.
En Mackenzie, Jones n'aurait pas pu trouver meilleur partenaire pour son aventure, en particulier pour la parcelle de terre qu'il avait choisie pour établir son parcours. Celle-ci était située sur des collines plantées d'arbres fruitiers et de fleurs; le genre de scène qu'un autre architecte aurait ruiné pour construire un bon trou, ou à l'opposé, l'aurait préservée en y construisant un mauvais trou. Le talent d'Alister Mackenzie pour conserver les aspects naturels d'un terrain avait d'ailleurs été montré au spectaculaire Cypress Point Club. Il était donc très prometteur de voir un architecte capable de tailler un parcours dans les endroits les plus spectaculaires, joindre son talent à celui du meilleur joueur de l'époque, disposé à le renseigner sur les aspects plus stratégiques du jeu.
Historique du club
Comme la plupart des meilleurs terrains de golf aux États-Unis, le Augusta National n'est pas situé dans un grand centre métropolitain. En effet, la ville d'Augusta en Georgie est principalement une ville historique réputée pour le Cotton Exchange et ses attraits sur les rives de la rivière Savannah. Bobby Jones, originaire d'Atlanta, venait y passer ses vacances et c'est en cet endroit qu'il rencontra sa femme ainsi que Clifford Roberts, un homme d'affaires new-yorkais.
Peu après sa retraite, Jones exprima à Clifford Roberts son désir de fonder un club de golf où ses amis et lui pourraient se retrouver pour jouer ensemble. Roberts, qui avait la bonne habitude de savoir quand acheter et quand vendre les choses, avait entendu parler d'une pépinière reconnue à vendre dans la région d'Augusta. Celle-ci avait-été la propriété de la famille du baron belge, Louis Édouard Mathieu Berkmans, depuis plus de trois quarts de siècle. Le fils de ce dernier, Prosper, était d'ailleurs un horticulteur reconnu pour avoir, entre autres, popularisé la culture des azalées dans le sud des États-Unis. Cet endroit était presque parfait pour le projet de Jones. Il possédait les collines que le golfeur voulait pour capturer l'esprit, et non le copier, des fameux « Links » des îles britanniques. En plus de cet atout majeur, le terrain possédait une flore extrêmement diversifiée de même qu'une bonne quantité d'arbres majestueux entre lesquels on pourrait faire circuler les trous. Le tout, dominé par une colline sur laquelle se trouvait un hôtel datant d'avant la guerre civile américaine. Bobby Jones ne chercha plus, il avait trouvé ce qu'il recherchait.
Ainsi, le rêve de Jones commença à prendre forme en juin 1931 lorsque lui et ses amis achetèrent la propriété que l'on nommait alors "The Fruitlands". Par contre le financement se fit difficilement; depuis le crash de 1929 à la bourse de New-York, les terrains de golf fermaient en grand nombre et l'ouverture de nouveaux parcours semblait risquée pour les investisseurs. Mais Bobby Jones était tenace. Pour l'aider dans son projet, il rechercha l'aide d'un architecte. Même si durant cette période, Donald Ross était reconnu pour ses parcours de championnats tel Pinehurst #2 en Caroline du Nord, il était évident pour Jones que Mackenzie serait son architecte.
Après plusieurs discussions, on s'entendit pour créer un parcours qui plairait au plus grand nombre de joueurs, peu importe leur habileté au jeu. Ensuite, Mackenzie fit les plans de base pour l'agencement des trous sur le parcours. Durant le stage de la conception du parcours, Jones contribua au design en effectuant un nombre incalculable de coups de toutes sortes, prenant en note tous les résultats pour ensuite modifier les verts et les allées en conséquence. En 1932, Mackenzie vint faire une dernière inspection du site avant que celui-ci soit ensemencé et il déclara: "Augusta National represented my best opportunity and, I believe, my finest achievement." Malheureusement, il n'eut jamais la chance de voir le résultat final. Après un voyage en Écosse en 1933, il revint malade à sa demeure de Californie où il mourût en janvier 1934.
Peu après l'ouverture, Roberts proposa que le club invente un tournoi pour que les meilleurs joueurs se côtoient. Il proposa de l'appeler "The Masters Tournament".  Jones aima l'idée mais détesta le nom, le jugeant trop présomptueux. C'est donc ainsi que l'on tînt, en 1934, le premier "Augusta National Invitation Tournament". Ce nom ne dura pas les quatre jours que durèrent le tournoi; les journalistes ayant eu vent du nom "Masters", ils décidèrent de l'adopter.
Sous la présidence de Clifford Roberts, le Masters est vite devenu un des meilleurs tournois de golf au monde. À chaque année, des innovations ont fait qu'un passage à Augusta était un des moments les plus attendus de la part des spectateurs, des journalistes, et des compétiteurs. Des panneaux d'affichage des meneurs, des endroits privilégiés pour les spectateurs, des « marshalls » avec des uniformes, des espaces de stationnements gratuits et des rafraîchissements à prix abordables, tous ces éléments sont devenus des marques de commerce du Masters, tout comme la tradition du veston vert remis au gagnant de la classique à chaque année.
L'élément le plus important qui contribua à élever le Masters au sommet des tournois de golf professionnels est sans aucun doute le parcours. Durant les cinquante dernières années, le club de golf Augusta National a été modifié à plusieurs reprises; quelquefois de grosses modifications, d'autres fois minimes, mais fondamentalement, il est demeuré le test que Bobby Jones et Alister Mackenzie ont créé. Un test superbement stratégique qui est probablement encore aujourd'hui l’un des parcours qui fait le plus appel à l'intelligence d'un joueur de ce côté-ci de l'atlantique.
Les principes de design du parcours
Qu'est ce qui fait du parcours d’Augusta National un parcours si fameux? Le principal attrait est probablement le fait qu'il est extrêmement stratégique. Un des moins évidents à négocier parmi les parcours de championnats d'Amérique, égalé uniquement, peut-être, par le « Old Course » à St-Andrews.
Comme tous les bons terrains de golf, Augusta National doit être joué mentalement à partir du vert jusqu'au tertre de départ avant qu'un seul coup soit effectué. Comme les verts sont si rapides, trois coups roulés sont souvent réalisables, peu importe le placement du drapeau sur ceux-ci. La force d'un coup dirigé vers le vert doit être bien jugée et la direction parfaite, sinon, la balle fera des bons inattendus et s'éloignera peut-être du drapeau, faisant ainsi de trois coups roulés, une réalité bien présente. S'approcher le plus près possible du trou n'étant pas toujours ce qu'il y a de plus facile pour obtenir une normale mais souvent la meilleur manière, l'angle d'approche au vert prend alors une grande importance. Le joueur se doit alors de placer judicieusement sa balle dans l'allée; fait qui n'est pas nécessairement facile quand celles-ci sont parfois immensément larges et dépourvues d'obstacles. Ainsi, pour une des premières fois dans l'histoire du golf, les golfeurs font face à un grand challenge: pour bien jouer, chaque coup doit être parfait.
Cela se traduit de plusieurs manières au Augusta National. Un coup en plein centre de l'allée n'est peut-être pas parfait, aussi étrange que cela puisse paraître. En effet, à chaque trou, la stratégie est différente; la balle doit être placée en certains endroits stratégiques pour permettre les opportunités au golfeur.
Deux parties bien différentes
Un des plus grands clichés du golf est celui qui dicte que "Le Masters commence sur le deuxième neuf  le dimanche après-midi." Il est vrai que le tournoi se termine sur neuf  trous excitants, mais ce cliché a contribué à mettre dans l'ombre les neufs premiers trous du chef-d’œuvre de Jones et Mackenzie. Le Masters est le seul tournoi majeur à se dérouler, année après année, sur le même parcours. Pourtant, le premier neuf est inconnu de la plupart des spectateurs de la télévision. Toutefois, cela n'aurait pas été le cas si Bobby Jones n'avait pas inversé les deux neufs à l'aube du tournoi. En effet, lors du premier Masters, les participants commençaient leurs rondes sur le dixième trou et finissaient sur le vert du présent neuvième. Heureusement, l'expérience ne dura qu'un an; Bobby Jones réalisant que les trous onze, douze et treize, prénommés "Amen Corner", présentaient un attrait qui méritait d'être retrouvé dans le deuxième neuf, et non au début du parcours. Son intuition lui disait que la décision de tenter d'atteindre les normales cinq (au treizième et quinzième trou) en deux longs coups au-dessus de l'eau devrait être confrontée à la fin d'une ronde, où la tension est à son comble. Enfin, il désirait de plus un dix-huitième trou nécessitant un long deuxième coup plutôt que le petit coup d'approche que nécessitait le neuvième trou. Pourtant, dans les faits, le premier neuf d'aujourd'hui est plus difficile que son successeur.
Sur la carte de pointage, les deux neufs semblent pourtant être en parfait équilibre: tous les deux avec une normale de 36, deux normales trois, deux normales cinq et cinq normales quatre. Le premier neuf mesure 3725 verges, le deuxième, 3710 verges. Mais la carte peut être trompeuse. Il n'y a pas d'obstacles d'eau en jeu sur les neuf premiers trous tandis que sur les neuf derniers, rivières et étangs menacent le golfeur sur cinq trous. Pourtant, le premier neuf, quoi que moins spectaculaire, n'en est pas moins difficile.
Un nombre de principes fondamentaux de design ont été appliqués dans l'élaboration du premier neuf. Les trous changent constamment de direction, exposant le joueur à des vents venant de tous les côtés. Chaque trou est suivi d'un trou de normale différente (4-5-4-3-4-3-4-5-4) et le mélange est bien balancé: deux normales trois (une longue et une courte), deux normales cinq (les deux atteignables avec deux bons coups), et cinq normales quatre (une courtes, deux raisonnablement longues et une très longue).
Le deuxième neuf propose un tout autre caractère. À chaque année, c'est à cet endroit que tout se joue. Plus facile que le premier, le deuxième neuf peut néanmoins causer un tort certain à quiconque le prend à la légère. Avec ses deux normales trois diaboliques, deux normales cinq à couper le souffle et une série de normales quatre stratégiques, cette partie du parcours est la plus célèbre des États-Unis. C'est pourquoi la plupart de ses trous seront étudiés plus en détail dans la prochaine partie.
Les éléments du design
"The Augusta National is a golf club that looks as if it dropped out of heaven" Un journaliste, Grand Slam Golf, 1991
Les verts: un cauchemar bien réel
Il n'y a pas un endroit au monde où la précision est plus importante qu'à Augusta. À cause que ses larges verts sont extrêmement rapides et offrent énormément de changements de niveaux, les cibles sont beaucoup plus petites que ce que l'on pourrait croire. En plusieurs cas, et spécialement pour les placements de drapeaux les plus difficiles, les cibles à atteindre pour avoir une chance raisonnable de birdies sont  d'environ trente pieds carrés. Même pour les meilleurs joueurs au monde, cela est petit. Tellement petit qu'en 1994, plusieurs joueurs se sont plaint que certaines positions de drapeaux étaient injouables. Voyons voir comment cela se traduit sur le quatorzième trou.
Le vert du quatorzième est certainement le plus craint de tout le parcours. Sa grande difficulté réside dans le fait qu'il soit construit dans une pente abrupte de gauche à droite créant ainsi une série de trois plateaux situés au fond du vert. Ces plateaux sont de plus protégés par une pente descendante vers l'allée où les balles peuvent prendre tellement de vitesse qu'elles y redescendent. La position du drapeau la plus difficile est celle au fond, en haut à gauche sur le plateau supérieur qui se trouve à être une butte au sommet aplati. Ainsi toute balle frappée avec la moindre erreur est confrontée à se retrouver très loin du drapeau, quand ce n'est pas hors du vert, à proprement parler. À chaque année, plusieurs espoirs sont brisés par ce vert qui fait peur aux meilleurs joueurs au monde. Pourtant, ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres, tous les verts à Augusta étant reconnus comme étant parmi les plus difficiles à négocier au monde.
Les ondulations: les hauts et les bas du Augusta National
La plus grande surprise des joueurs lorsqu'ils se présentent pour la première fois à Augusta se situe au niveau de la topographie. En effet, sur le parcours, tout est en pente. Il est d'ailleurs tellement en pente que jouer sa balle sur la mauvaise partie de l'allée peut parfois résulter en une différence de quatre bâtons pour le coup suivant. Entre le chalet et le vert du douzième trou, il y a une différence de niveau de 165 pieds, soit l'équivalent de seize étages. De telles ondulations ne feraient pas sourciller un skieur, mais pour un golfeur, par contre, c'est du sérieux. Sur chaque trou, le joueur est confronté à toutes sortes de coups différents à cause des pentes qui jalonnent le parcours d'un bout à l'autre. Le meilleur exemple est sans aucun doute le dixième trou. D'une longueur de 495 verges, cette normale 4 offre une descente de 100 pieds entre le tertre de départ et le devant du vert. L'allée est en pente continuelle vers le vert mais elle se divise en deux parties à 235 verges du départ: à gauche, la pente devient plus abrupte jusqu'à un endroit plus plat tandis qu'à droite, elle reste constante jusqu'au vert. Ainsi, le joueur qui parvient à placer sa balle du côté gauche peut faire tomber sa balle dans la pente abrupte pour la faire rouler plus longtemps et ainsi se retrouver avec un deuxième coup beaucoup plus court vers le vert.
L'eau: la différence entre le héros et le perdant
L'eau n'est pas présente en grande quantité mais elle influence certainement la stratégie du parcours sur le deuxième neuf. Présente sur cinq trous, elle est à l'origine de plusieurs malheurs chez les golfeurs. Elle sera traitée en détail pour les trous 11, 12 et 13 mais elle est aussi bien présente au seizième trou.
Le seizième a été complétement transformé en 1947 lorsqu'on demanda à Robert Trent Jones de le redessiner. D'une normale 3 de 120 verges au-dessus d'un ruisseau, on le transforma en normale 3 de 170 verges au-dessus d'un étang. Aujourd'hui avec le vert en pente descendante vers l'étang, le joueur doit non seulement éviter l'eau sur son coup de départ, il doit aussi en tenir compte si sa balle a le malheur de se retrouver  au sommet de cette pente. Celle-ci est si forte qu'un coup mal exécuté risque de rouler jusqu'à l'eau.
Les fosses de sable: la qualité et non la quantité
Le parcours du Augusta National ne possède que 45 fosses de sable, ce qui est relativement peu pour un parcours de championnat. (Par opposition, le parcours anglais Royal Lytham & St Annes, hôte de huit prestigieux British Open, possède plus de 220 fosses de sables....) Toutefois, Alister Mackenzie savait bien les utiliser pour intimider les joueurs et les forcer à bien négocier le parcours.
Cette intimidation commence d'ailleurs dès le premier trou, une normale 4 de 400 verges protégée de deux immenses fosses de sable. La première, située du côté droit de l'allée, force tous les joueurs, sauf les plus gros cogneurs, à jouer leur coup de départ du côté gauche de l'allée. Mais cette prévoyance est pénalisée: le joueur doit ensuite frapper sa balle par-dessus l'autre trappe située du côté gauche du petit vert, perché sur le point le plus haut de la propriété. Le septième trou est aussi bien protégé avec ses cinq fosses qui protègent le petit vert surélevé.
De plus, on n'hésite pas à ajouter des éléments sur le parcours lorsque la situation l'exige. En 1966, on ajouta deux fosses à gauche de l'allée au dix-huitième, un monstre de 405 verges dans une pente ascendante d'un bout à l'autre. Cette idée vint de Clifford Roberts qui avait pour but de stopper le jeune Jack Nicklaus avec ses coups de départs très longs pour l'époque. L'addition des fosses permit de réduire la largeur de l'allée à 30 verges et contribua à réduire les ardeurs des joueurs qui choisissent maintenant d'opter pour la précision par rapport à la puissance. Plusieurs changements de ce type ont d’ailleurs été mis en place depuis la première victoire de Tiger Woods sur le parcours en 1998, alors qu’il avait pulvérisé la compétition avec douze coups d’avance sur son plus proche poursuivant!
La végétation: le charme de l'endroit
Le fait que le parcours du Augusta National ait été construit sur une ancienne pépinière contribue à l'immense variété horticole de l'endroit. Depuis son ouverture officielle, les arbres majestueux n'ont cessé de se développer pour produire un des plus beaux endroits en Amérique. Cette variété se retrouve d'ailleurs sur la carte de pointage des joueurs. En effet, chaque trou possède un nom caractéristique qui l'identifie à l'espèce végétale qui l'entoure. Le meilleur exemple est représenté par le treizième trou, surnommé « Azalea », qui en avril, lors de la présentation du Masters, est entièrement fleuri.
Le parcours du Augusta National a longtemps été reconnu pour ses allées extrêmement larges et dépourvues d'obstacles; bien que ce ne soit plus le cas depuis quelques années, le septième trou a toujours fait exception à la règle. Autrefois court mais aujourd’hui d'une longueur de 450 verges, l’allée de ce trou est bordée d'arbres immenses pénalisant tous les coups sauf les meilleurs pour ensuite monter jusqu'au vert, d'à peine quinze verges de profondeur et entouré de caverneuses fosses de sable. La végétation possède donc deux fonctions à Augusta: la décoration et l'intimidation.

Stratégie: Le “Amen Corner”
Le point tournant à Augusta, où tout semble se jouer à chaque année lors du Masters, est situé au début du deuxième neuf, plus particulièrement les trous onze, douze et treize, communément appelés "The Amen Corner". Ces trois trous sont parmi les plus beaux et les plus stratégiques au monde. Ils peuvent aisément faire la différence entre la gloire d'un golfeur, ou sa déchéance, son effondrement.
Le tout commence au onzième trou, une longue normale 4 de 505 verges. Le coup de départ se fait en montant sur un plateau surélevé et encadré d'immenses arbres. L'allée plonge alors vers un grand vert protégé à l'avant gauche par un petit étang. Le vert est en pente vers l'étang et il est protégé par deux petites fosses de sable situées à l'arrière. De plus, à la droite du vert, on retrouve deux bosses qui empêchent les joueurs de faire des coups d'approches du type "bump-and-run". La stratégie à adopter pour le trou dépend en tout point de la position du drapeau sur le vert. Si le drapeau est au fond à gauche, derrière l'étang, le coup de départ doit être placé à droite de l'allée pour favoriser l'entrée au vert sans avoir à affronter l'eau. Si au contraire, il est à l'avant droite du vert, le coup de départ doit être placé à gauche de l'allée pour éliminer les bosses du jeu. Un coup de départ raté ne signifie pas la fin du monde, mais il sera sans doute la source de nombreux problèmes au coup suivant.
Le douzième trou, est selon Jack Nicklaus, le plus grand golfeur de tous les temps, le trou le plus difficile qu'il ait eu à affronter dans un tournoi. Cette petite normale trois de 155 verges cause à chaque année le désespoir de plusieurs golfeurs, ainsi que des scores s'élevant jusqu'à treize coups dans le cas de Tom Weiskopf, en 1982. Inutile de dire que c'est une menace. Premièrement, le Rae's Creek entre en jeu, protégeant le devant entier du minuscule vert profond d'à peine vingt-sept pieds. Trois trappes de sable viennent aussi protéger le vert, en pente abrupte vers la rivière. Et enfin, le dernier obstacle mais non le moindre, le vent. Celui-ci change constamment de direction et produit des effets bizarres sur la balle lorsqu'elle s'envole à travers la plaine ouverte de gazon la séparant du vert. Le choix du bâton devient donc crucial, requérant une combinaison d'expérience, de talent, de patience et de courage.
Après avoir terminé ces deux trous, le golfeur se retrouve face à une des normales cinq les plus connues au monde: le treizième trou. Bobby Jones s'intéressait peu aux normales cinq, comme il le disait lui-même: "You don't start playing golf until the third shot". Mais là où sa pensée est la plus évidente, c'est sans aucun doute au treizième trou, mesurant à peine 510 verges. (Incidemment, il s'agit pratiquement de la même longueur que le onzième trou, une normale 4.) Ce trou, représente à lui seul toute la philosophie d'Alister Mackenzie en matière d'architecture.  Facilement atteint en deux coups, le treizième représente une tentation intense pour tout joueur de golf. La perspective d'un aigle ou d'un oiselet est présente pour quiconque, toutefois, cela ne se fait pas sans risques. Pour atteindre le vert en deux coups, ceux-ci doivent être bien joués. Le coup de départ  idéal est frappé avec un léger effet de rotation vers la gauche, pour que la balle puisse se rapprocher le plus possible du vert en empruntant la pente naturelle du terrain descendant graduellement vers un petit ruisseau longeant la totalité du trou à sa gauche. Une balle frappée en ligne droite se retrouvera quant à elle au sommet de cette pente, possiblement entre quelques pins rendant le deuxième coup plus difficile. Peu importe où la balle est placée sur le coup de départ, le joueur se retrouve généralement avec la possibilité d'atteindre le vert avec son deuxième coup. C’est là où se pose le dilemme: le coup est risqué. D'une longueur moyenne de plus ou moins 200 verges, ce coup doit passer par-dessus le ruisseau qui coupe directement devant le vert entouré de quatre trappes de sable.  Les statistiques du parcours sont révélatrices à ce sujet. Les joueurs ayant tenté le coup et atteint le vert des pointages moyens de 4.20 coups tandis que ceux ayant raté leur coup obtiennent un pointage moyen de 5.20 coups. De l'autre côté, ceux ayant privilégié la prudence ont maintenu une moyenne de 4.85 coups. On voit tout de suite l'avantage que peut procurer le fait d'atteindre le vert en deux coups pour celui en quête de la victoire. Pourtant, un nombre relativement restreint de joueurs tentent leur chance. Ce fait est dû en grande partie au génie de Mackenzie qui, à l'aide d'obstacles, a contribué à rendre ce trou effrayant pour les golfeurs. Ceux-ci sont attirés par la possibilité d'un bon pointage, mais sont à la fois apeurés par la perspective d'un mauvais score qui est très présente sur ce trou. La stratégie du club de golf Augusta National ne se joue donc pas seulement au niveau du parcours, elle fait aussi référence à la psychologie du golfeur.
Conclusion
À chaque année, tous les meilleurs golfeurs sont  invités  à venir s'affronter sur les allées d'un des clubs de golf les plus prestigieux au monde. La beauté du parcours et la perfection de l'organisation du tournoi ont contribués à créer un mythe autour du tournoi du Masters. Au fil des ans, de grands champions s'y sont succédé. Jack Nicklaus y a remporté six tournois, dont son dernier en 1986, à l'âge de 46 ans. Il est encore aujourd'hui le "Roi" du Masters. Tiger Woods et Nick Faldo ont également stimulé l’imaginaire des golfeurs sur ce parcours en y remportant quatre et trois victoires, respectivement.  Mais de tous les joueurs y ayant laissés leurs traces en tant que grands joueurs, le premier de ceux-ci est sans aucun doute Bobby Jones, qui, à l'aide d'un des meilleurs architectes de son époque, Alister Mackenzie, a créé ce magnifique parcours.
Depuis, ce parcours a évolué; retouché à plusieurs reprises par d'autres architectes tels que Robert Trent Jones, Jack Nicklaus, aujourd'hui dans le domaine, et plus récemment Tom Fazio. Toutefois, une caractéristique demeure toujours, après tant d'années, il s'agit de la stratégie et du mystère entourant l'évolution du joueur à travers le parcours.  À chaque avril, lors du tournoi du Masters, le célèbre Augusta National fait de nouvelles victimes. Inexpérimentées ou tout simplement trop confiantes, ces victimes sont broyées par le parcours magnifique qui pourtant, réussit à les envouter au point de les faire revenir l'année suivante. C'est là, la marque d'un grand parcours de championnat, un parcours crée selon les règles de l'architecture de golf pour favoriser l'émergence des meilleurs joueurs au monde.


Note de l’architecte:
Malgré toute l’admiration et l’intérêt que suscite le parcours du Augusta National, je me dois cependant d’émettre certaines réserves quant à l’image qu’il projette à travers le monde depuis des décennies. En offrant année après année, un spectacle immaculé sur nos écrans télévisuels, les dirigeants du Club ont créé un « standard visuel » que trop de clubs nord-américains s’emploient à atteindre pour le bénéfice de leur membres, et bien souvent, à leur demande.  Le niveau de perfection visiblement atteint dans l’entretien de ce parcours hors du commun n’est possible qu’avec un budget d’entretien astronomique et une main d’œuvre imposante totalement dédiée à faire de l’endroit le plus beau parcours de golf de la planète. Il ne faut pas oublier de mentionner également, que malgré le fait qu’il soit situé dans le sud des États-Unis, le parcours est fermé aux membres une bonne partie de l’année en prévision du tournoi et pour y pratiquer un entretien soutenu et des modifications constantes.  Ceci contribue grandement à l’image de perfection véhiculée à l’écran lors du tournoi.
Bien que ce parcours soit visuellement splendide, il constitue, à mon humble avis, un exemple à ne pas suivre en vue de rendre le sport du golf plus accessible et plus en harmonie avec la nature qui l’entoure.  Il est à l’antithèse de ce que devrait viser l’industrie, soit d’offrir des parcours à l’empreinte environnementale restreinte, plus simples, accessibles à tous et à un coût raisonnable.  En pourchassant sans cesse cet idéal de perfection, les dirigeants de parcours de golf se mettent une pression intolérable sur les épaules.  De la même manière, en exigeant de tels niveaux de conditions de jeu, les golfeurs en général rendent leur sport de plus en plus dispendieux et élitiste, au détriment même du sport. Le parcours du Augusta National doit donc être apprécié pour ce qu’il est, soit une vitrine vers un rêve inaccessible, un peu à la manière de l’industrie de la mode qui nous présente sans cesse ses icônes d’une beauté parfaite et intemporelle auxquelles peu de gens peuvent réellement aspirer.  À partir du moment qu’on devient conscient de ce fait, ce parcours mythique peut être apprécié d’un nouvel angle.

Yannick Pilon Golf © 2016

mercredi 23 juillet 2014

A new green will soon be in play at Club de Golf Lac St-Joseph

The new green under construction, from the left
side of the fairway.
The Club de Golf Lac St-Joseph, near Quebec City, will soon offer a new green to its members and visitors. The green of the first hole was recently rebuilt in June by the NMP Golf Construction team and the grow-in is now under way under the supervision of the Club’s superintendant, Claude Frenette.  The Club hopes to open the new green before the end of August, if the conditions allow it.

Before the renovation, the green of the first hole was a very small target sitting on top of a severe slope that stopped all the approach shots that came short. The punchbowl type surface also caused a lot of problems during the winter, when ice often took over the entire surface of the green, causing nightmares to the maintenance team in the spring.

Another view from the left side of the green.
The new green was seeded in bentgrass and the surface area was doubled and reshaped to be visible from the fairway.  The slope at the front of the green was also softened to allow players to easily climb on the surface.  The green was also enlarged towards the back right, where a large, existing depression is now more in play.  Any approach shot that is too aggressive and slightly off-target to the right will most likely end up at the bottom of this slope, a good twelve feet below the green surface.

Golfers who will play the course until the opening of the new green won’t be let down.  The club still offers 18 holes to play since it has a 19th hole that can be inserted into the routing when works are under way on any of the other holes on the course.  Golfers now even have the opportunity to play the existing first hole as a practice hole before their rounds officially begin of the second hole.  That’s a little bonus only a few clubs can offer!


©Yannick Pilon Golf 2014

Un nouveau vert bientôt en jeu au Club de Golf Lac St-Joseph

Le nouveau vert en construction, à partir du centre
gauche de l'allée.
Le Club de Golf Lac St-Joseph offrira bientôt à ses membres et visiteurs un nouveau vert entièrement reconstruit au trou no. 1. Les travaux réalisés au cours du mois de juin par l’équipe de NMP Golf Construction se sont très bien déroulés, et les travaux de maturation de la pelouse sont maintenant en cours sous la gouverne de Claude Frenette, le surintendant du parcours.  Le Club espère mettre le nouveau vert en jeu d’ici la fin du mois d’août.

Le vert du trou no. 1 était auparavant une très petite cible en forme de cuvette.  Cette cuvette n’était pas visible à partir de l’allée très ondulée du trou no. 1, et elle causait d’énormes maux de tête à l’équipe d’entretien puisqu’elle accumulait à chaque hiver de grandes quantités de glace qui nuisaient aux conditions de jeu à chaque printemps.

Cette fois, à partir de la gauche de la cavité du vert.
Le nouveau vert a été entièrement ensemencé à l’agrostide et sa surface est maintenant deux fois plus grande qu’auparavant.  Le vert sera maintenant visible de l’allée et la pente forte qui menait à sa surface a été adoucie pour faciliter la réception des coups d’approche et pour permettre aux golfeurs de monter plus facilement jusqu’au vert.  Le vert a également été agrandi vers l’arrière droite de l’ancien vert afin de rendre en jeu une profonde dépression qui se trouvait à cet endroit.  Tout coup d’approche trop agressif et légèrement hors ligne vers la droite du vert se retrouvera fort probablement au bas de cette dépression, une bonne douzaine de pieds sous la surface du vert.

Les golfeurs qui se rendront au club d’ici à l’ouverture du nouveau vert ne seront pas en laisse.  En effet, le club offre toujours dix-huit trous à ses membres grâce à la présence d’un 19e trou qui est inséré dans le parcours lors de travaux sur l’un ou l’autre des trous.  Les golfeurs ont même l’occasion de jouer le premier trou actuel en tant que trou de pratique jusqu’à l’ouverture du nouveau vert.  Un petit bonus que peu de clubs peuvent offrir à leur clientèle!


©Yannick Pilon Golf 2014

mercredi 16 juillet 2014

Dernier épisode de la série GOLF, ce soir à Historia

C'est ce soir à 20h00 que sera diffusé le troisième et dernier épisode de la série G.O.L.F. sur la chaine Historia.

Ce dernier épisode - La passion du vert - nous informe de ce à quoi ressemblaient les premiers parcours de golf, et de quelle façon les terrains que l'ont connait aujourd'hui ont pris forme.  On suit leur évolution à travers l'histoire de leurs propriétaires et leurs créateurs, les architectes de golf, en plus de découvrir les gens qui les entretiennent depuis hier jusqu'à aujourd'hui.

Vous vous en doutez bien, c'est également l'épisode dans lequel j'ai eu le plaisir de participer. (Pour tous ceux qui m'ont demandé quand ils pourraient m'y voir!)

Pour ceux qui ne pourraient visionner l'épisode ce soir, il sera également rediffusé à trois autres reprises au cours des prochains jours, soit:

Jeudi, le 17 juillet à 6h00am;
Vendredi, le 18 juillet à 4h00am;
et Dimanche, le 20 juillet à 01h00am.

Pas exactement des heures de grande écoute, mais des possibilité d'enregistrer le tout!

Sur ce, je vous souhaite un bon visionnement!!  N’hésitez pas à me contacter pour plus d’informations suite à votre écoute.

©Yannick Pilon Golf 2014

dimanche 29 juin 2014

La série G.O.L.F. sur la chaîne Historia à compter du mercredi 2 juillet, 20h00.

L'automne dernier, j'ai eu le plaisir de participer au tournage de la série G.O.L.F. relatant l'histoire du golf au Québec. Cette série sera diffusée sur la chaîne Historia à partir du mercredi 2 juillet à 20h00.

À travers les témoignages d’historiens, de joueurs invétérés, de professionnels, anthropologues, journalistes, surintendants et architectes, on apprend comment le golf s'est développé au rythme de l'évolution de la société québécoise, devenant populaire partout dans la Belle Province. La série trace un portrait de ce sport et de ceux qui le pratiquent, en plus de traiter des clubs, de l'étiquette, des terrains et du commerce qui s'y rattache.

Pour tous ceux qui seraient intéressés à en savoir plus sur cette série, je vous invite à visiter les sites suivants qui vous donnerons le synopsis des différents épisodes, ainsi qu’un avant goût avec un court extrait.



Sur ce, je vous souhaite un bon visionnement!!  N’hésitez pas à me contacter pour plus d’informations suite à votre écoute.

©Yannick Pilon Golf 2014

vendredi 20 juin 2014

Parcours L'Actuel du Parcours du Cerf est maintenant ouvert!

Le nouveau trou no. 5 - Une courte normale 3 au vert surelevé qui
demandera un coup de départ précis.
Le nouveau parcours 12-trous du Parcours du Cerf est maintenant ouvert depuis le 20 mai dernier. En effet, le parcours L'Actuel a vu ses premiers golfeurs fouler le terrain au milieu d'un printemps capricieux qui en fait rager plus d'un!  Par contre, les premiers commentaires des joueurs semblent être très positifs, et ceux-ci sont au rendez-vous.

Les nouveaux trous ont bien passé à travers l'hiver et les verts offrent présentement des superbes surfaces de jeu.  La maturation des zones naturalisées du parcours se poursuivra encore pour quelques temps, mais toutes les autres zones de jeu du parcours sont totalement fonctionnelles et superbement entretenues par le surintendant Éric Rondeau et son équipe dévouée.

Il sera intéressant de constater quel sera l'engouement des golfeurs à long-terme pour ce nouveau genre de parcours.  Est-ce que ce sera le début d'une nouvelle tendance qui sera répétée ailleurs?  Est-ce cette nouvelle offre de parcours de qualité mais présentant un temps jeu moins long attirera une nouvelle clientèle? Ou permettra t'elle à plus de golfeurs agés ou disposant de moins de temps pour jouer le peremttra de rester actifs plus longtemps ou de jouer plus souvent?  Voilà des questions que seul le temps nous aidera à répondre!

Une chose reste certaine, c'est que les gens en parlent!  Tous mes clients me demandent comment ça se passe, et tous ont un vif intérêt pour la question.

Je profite donc de cette occasion pour remercier toute l'équipe du Club et l'entrepreneur Pierre Thériault avec qui nous avons travaillé pour faire de ce projet une réalité.

Je vous invite maintenant à vous faire votre propre idée de la question en allant tenter l'expérience! Et revenez-moi avec vos commentaires!  Bon golf!

Yannick Pilon Golf 2014

vendredi 11 avril 2014

Yannick Pilon Golf will work at Stanley Thompson’s Saguenay Arvida GC.

Stanley Thompson's unique style for the course can be
seen on the par 4 sixteenth.
I am happy to announce that the Saguenay Arvida Golf Club has just awarded me a contract to proceed with the necessary planning for the reconstruction of six of its eighteen greens over the next three years. Located on the edge of the Saguenay River in Jonquiere QC, this magnificent course opened in 1947 with a nine-hole course designed by the renowned Stanley Thompson.  The course has been expanded since, but the original nine holes can be found as part of the club’s both existing nines.

This project will be particularly interesting, since most of the greens scheduled to be rebuilt are the original Thompson greens.   A few of them are now plagued with agronomic problems mostly caused by their small size or chronic drainage issues that the Club would now like to address. Massive tree clearing has also recently been done by the Club on a few holes to allow some of those greens to breathe and benefit from added sunshine while opening long lost magnificent views to the Saguenay River.  This should prove to be an important first step towards better course conditions and a newfound appreciation of the layout.

The par 4 fifth uses the natural undulations of the
property with great effect.
Without a doubt, one of the key elements of this important project will be the respect of Stanley Thompson’s original course character while allowing the club to modernize their infrastructure and cement its place as Saguenay-Lac-St-Jean premier course.

Stanley Thompson has left an important mark on golf course architecture across Canada with the creation of his “Big Five” group of courses (Banff Springs, Jasper Park Lodge, St Georges, Capilano et Highlands Links) and quantity of other courses that still impress with their bold strategic designs and aesthetic qualities. But his impact in Quebec has been relatively limited in terms of what is left with his own style.  His impact, here, is mostly achieved through the works of his disciples (Howard Watson, John Watson and Graham Cooke) who have built a large part of the province’s designs. His best Quebec design is, by far, the Chateau Montebello Golf Club, recognized for its dramatic holes in harmony with the rugged Laurentians landscape.

The first hole offers panoramic views of the Saguenay
River valley landscape.
However, a singular originality is still clearly present on the original holes built by Stanley Thompson for the Saguenay Arvida Golf Club. Tumbling and undulating fairways in perfect harmony with their surroundings, as well as deep, pronounced and artistic bunkering can be found here.  Thus, we can suppose it is the work of the master himself. It is with great joy and great humility that I will tackle this exciting project with the Club’s dynamic team of professionals.

©Yannick Pilon Golf 2014

Yannick Pilon Golf travaillera au Club Saguenay Arvida dessiné en partie par Stanley Thompson

Le trou no. 16 démontre bien le caractère unique des
trous originaux de Stanley Thompson
Je suis bien heureux d’annoncer que le Club de Golf Saguenay Arvida a fait appel à mes services afin de procéder à la planification requise pour la reconstruction de 6 de ses 18 verts lors des trois prochaines années.  Situé à Jonquière sur la rive de la rivière Saguenay, ce magnifique parcours situé a été partiellement dessiné par le célèbre architecte canadien Stanley Thompson qui a en créé les neuf premiers trous en 1947.  Le parcours a depuis été agrandi en parcours de 18 trous et les neuf trous originaux sont répartis sur les deux neufs du parcours que les golfeurs fréquentent aujourd’hui.

Le défi sera particulièrement intéressant, puisque la plupart des verts visés par les travaux sont des verts originaux de Stanley Thompson.  En effet, quelques-uns d’entre eux souffrent aujourd’hui de problèmes agronomiques dus bien souvent à leur petitesse ou à des problèmes de drainage chronique que le Club est maintenant prêt à adresser.  Du déboisement massif est d’ailleurs en cours à proximité de certains verts et plusieurs trous afin d’ouvrir des vues sur la magnifique rivière Saguenay et également permettre aux verts de profiter d’un ensoleillement et d’une aération accrue. Ceci constituera sans doute la première étape vers des conditions de jeu améliorées et une nouvelle appréciation du parcours.

Le trou no. 4 met très bien en valeur la topographie
ondulée du site.
Un des éléments prioritaires de cet important projet pour le Club sera sans aucun doute la sauvegarde du caractère d’origine laissé par Stanley Thompson et son équipe, tout en permettant au Club de moderniser ses infrastructures et ainsi cimenter sa place dans l’élite des parcours de la région du Saguenay-Lac-St-Jean. 

Stanley Thompson aura laissé une empreinte importante dans l’histoire de l’architecture de golf au Canada, avec la création de son « Big Five » (Banff Springs, Jasper Park Lodge, St Georges, Capilano et Highlands Links) et quantité d’autres parcours qui impressionnent encore aujourd’hui par leur audace et leurs qualités esthétiques et stratégiques.  Son impact au Québec a cependant laissé relativement peu de traces encore clairement visibles, mis à part les œuvres de ses disciples (Howard Watson, John Watson, Graham Cooke) qui, elles, sont plus présentes. Sa plus grande œuvre Québécoise demeure le Club de Golf du Château Montebello, reconnu pour ses paysages et ses trous en harmonie avec la topographie accidentée du site.

Le parcours débute avec un trou mettant en valeur
des vues panoramiques de la vallée de la rivière Saguenay.
Une originalité particulière est cependant encore bien présente sur les trous originaux de Stanley Thompson au Club Saguenay Arvida.  On y retrouve des allées fortement ondulées qui suivent la topographie naturellement accidentée du site, tout comme des fosses de sable aux abords très prononcés et aux formes souvent artistiques qu’on retrouve peu dans cette région du Québec.  On peut donc soupçonner que cette touche est l’œuvre du maître, lui-même.  C’est donc avec une grande joie et une grande humilité que je m’apprête à m’attaquer à ce mandat avec les dynamiques responsables du Club.

©Yannick Pilon Golf 2014

mercredi 9 octobre 2013

The Parcours du Cerf Golf Club will offer a 12-hole course in 2014

The new 12-hole course will occupy land previously
occupied by the back nine of the Faon course.
For the past year, I have had the privilege of working with the management team at the Parcours du Cerf, in Longueuil, in order to develop the first 12-holes regulation course in Quebec. This innovating project is now in the construction phase and the new course will be inaugurated in the spring of 2014.

Personally, I believe it is an interesting idea that has merits on many fronts.  A number of players complain that playing an 18-hole course often takes too much time in a time where young families are confronted with an increasing offer of leisure activities and busy schedules leaving them less time to enjoy activities like golf that require an important time and money investment.

So it is with those two premises that the club had the idea of developing a 12-hole course.  This course will offer a playing experience similar to the best courses in the province, but in a reduced format that will offer more than 9-holes to enjoy, but also less than 18.  At a smaller price, and taking less time to play, this could prove to please a young crowd, as well as aging players and tournament organizers that will have the opportunity to play 12-holes fund raisers, as opposed to the 6 hours rounds most are accustomed with today!

Curiously, the idea was mentioned by Jack Nicklaus a few years back, but it seems it has not been fully exploited since then.  He even organized a 12-hole tournament at Muirfield Village Golf Club, one of the most prestigious clubs he designed.  In it, cups of 8 inches were used instead of the regular 4.25 inches, and slow golfers were penalized!  Those are a couple interesting ideas that are worth studying, the goal being of offering a fun, but quicker experience.

New tees will be built to play a new hole towards the
existing 10th greens
How will it be done?

How will the club offer a 12-hole course on its existing layout?  The back nine of the Faon course will be slightly modified to make enough room for three new holes using some previously unoccupied land, and by modifying two existing holes. The front nine of the Faon course and the entirety of the Brocard course will be kept intact, offering golfers the choice to play 9, 12 or 18-hole rounds.

Favourite holes from the back nine of the Faon course will
be integrated in the new 12-hole course
Hole no. 10 of the Faon course will be divided into two holes : a short par 4 played towards a new green built in the middle of the existing fairway, and a par 3 using the existing 10th green beside a pond.  Existing holes nos. 11, 12, 13, 14, 15, 16 and 17 will simply be integrated in the 12-hole course.  A new par three will be built behind the existing 12th green, and the existing 18th hole will be shorten to make room for a new short par three surrounded by mounding characteristic of the Parcours du Cerf landscape.

Globally, this will offer a 12-hole course with two par 5’s of 543 and 509 yards, four par 4’s varying between 339 to 366 yards, and six par 3’s varying between 100 and 197 yards.

The club will continue to offer three regulation length nines
for golfers who still want to play 9-hole or 18-hole rounds.
An innovating idea

Golf is often perceived as a conservative sport well rooted in long lasting traditions.  Innovating ideas are few and far between and the level of participation in the sport has been stagnating over the past few years.  Golf has to adapt and open itself up to a new clientèle, and even simply retain the one that has become elusive.  I believe this can be done without being in contradiction with the origins of the sport.  It is thus with great joy I have accepted to participate in this project, which, in my humble opinion, could become significant for the future of the game.

Evidently, it is not every course that can risk making this experiment.  But a well-known course like the Parcours du Cerf has all the ingredients to pull-off the gamble:
·         A 12-hole course that will offer an experience comparable to the best 18-hole public courses in Quebec;
·         Three other nines offering interesting and varied holes that have been amongst the most popular in Quebec for the past twenty years;
·         An inviting and spacious clubhouse offering good cuisine and a great ambiance;
·         Full practice infrastructures
·         A great maintenance team;
·         And a dynamic and innovative administration.

I will be very interested in witnessing the golfers’ reaction to this new product next year.  I believe initiatives such as this one are now necessary to insure the long-term viability of the sport.  And I am quite happy to be part of this one.

samedi 21 septembre 2013

Le Parcours du Cerf offrira un parcours de 12-trous dès 2014

Le parcours 12-trous occupera le site actuel du neuf de
retour du Parcours Faon
Depuis près d’un an maintenant, j’ai le privilège de travailler avec les dirigeants du Parcours du Cerf, à Longueuil, afin de développer le premier parcours de 12-trous régulier au Québec.  Ce projet innovateur est maintenant au stade de la construction, et le nouveau parcours sera inauguré au printemps 2014.

Personnellement, je crois que c’est une idée très intéressante qui a du mérite à plusieurs niveaux.  Plusieurs se plaignent que de jouer un parcours de 18-trous est souvent trop long dans le monde actuel, où les jeunes familles sont confrontées à une offre de loisirs de plus en plus nombreuse, et des horaires bien remplis laissant de moins en moins de temps aux activités comme le golf, qui nécessite un investissement de temps somme toute assez important.  Et que dire de l’investissement financier…. 

C’est donc à partir de ces deux prémisses de base qu’est venue l’idée du parcours de 12-trous. Offrir une expérience de jeu en tous points similaire aux meilleurs parcours de golf du Québec, mais dans un format réduit offrant plus que 9-trous, mais moins que 18.  Le tout, à un prix moindre, et nécessitant également moins de temps à jouer.  Ceci risquera à de plaire au jeunes joueurs, tout comme aux golfeurs vieillissants et aux organisateurs de tournois qui auront l’opportunité de faire des tournois plus rapides que les rondes de 6 heures auxquelles nous sommes présentement habitués!  

Curieusement, l’idée a été évoquée par Jack Nicklaus il y a quelques années, mais celle-ci ne semble pas encore avoir été exploitée.  Ce dernier a même poussé l’idée jusqu’à organiser un tournoi de 12-trous à l’un de ses parcours les plus prestigieux, soit le Murfield Village Golf Club, en Ohio.  On y employait même des coupes de 8 pouces, plutôt que la coupe traditionnelle de 4.25 pouces, et on y pénalisait les joueurs pour le jeu trop lent!  Voilà des idées intéressantes méritant qu’on s’y attarde.  Le but étant de favoriser une expérience plus rapide, mais tout aussi amusante.

Le vert du trou no. 10 existant servira comme vert du trou
no. 2 dans le nouveau parcours 12-trous.
Comment y arrivera-t’on?

Mais comment le club arrivera t’il à offrir un parcours de 12-trous à sa clientèle? Le neuf de retour du parcours Faon sera légèrement réaménagé pour faire place à trois nouveaux trous, en utilisant des surfaces préalablement inoccupées, et en modifiant deux trous existants.  Ainsi, le neuf d’aller du parcours Faon et le parcours Brocard seront conservés tels quels, offrant ainsi aux golfeurs la possibilité de jouer 9, 12 ou 18 trous.

Les trous appréciés des golfeurs seront intégrés au
nouveau parcours de 12-trous, comme le no. 13 actuel.
Le trou no. 10 actuel sera coupé en deux trous, soit une normale 4 de longueur moyenne jouée vers un nouveau vert construit dans l’allée actuelle, et une normale 3 utilisant le vert actuel du trou situé en bordure d’un étang.  Les trous nos. 11, 12, 13, 14, 15, 16 et 17 actuels seront tout simplement intégrés au parcours 12 trous.  Une nouvelle normale 3 sera construite à l’arrière du vert no. 12 actuel, et le trou no. 18 actuel sera raccourci pour faire place à une courte normale 3 jouée vers un petit vert qui sera bien protégé par une série de monticules caractéristiques du Parcours du Cerf.

Le tout donnera un parcours de 12-trou offrant deux normales 5 de 543 et 509 verges, quatre normales 4 variant de 339 à 366 verges, et six normales 3 variant de 100 à 197 verges.

27 autres trous seront toujours disponibles pour les
golfeurs trditionnels voulant jouer 9 ou 18-trous
Une idée innovatrice

Le golf est souvent perçu comme un sport conservateur bien ancré dans les traditions.  Les idées innovatrices y sont trop rares et les niveaux de participation au sport stagnent depuis quelques années. Le golf doit s’ouvrir à une nouvelle clientèle et devenir plus attrayant, et je crois que ceci peut se faire sans renier les origines du sport.  C’est donc avec un grand bonheur que j’ai accepté de participer à ce projet qui, à mon humble avis, pourrait s’avérer très évocateur pour l’avenir du sport.

Évidemment, ce ne sont pas tous les clubs qui peuvent se permettre une telle expérimentation.  Mais un parcours reconnu comme le Parcours du Cerf possède tous les outils pour réussir le pari :
·         Un parcours 12-trous offrant une expérience digne des grands parcours publics de 18-trous;
·         Trois autres parcours de 9-trous intéressants et variés ayant fait leurs preuves depuis une vingtaine d’année auprès d’une clientèle fidèle;
·         Un chalet invitant et spacieux offrant une bonne cuisine et une ambiance décontractée;
·         Des infrastructures de pratique complètes;
·         Une équipe d’entretien hors-pair;
·         Et une administration dynamique et innovatrice.

Je serai aux premières loges l’an prochain pour observer la réaction des golfeurs à cette nouveauté.  Je crois que des initiatives comme celle-ci sont maintenant nécessaires pour renouveler assurer la viabilité du sport à long terme.  Et je suis bien heureux de faire partie de celle-ci.